Carrie Potter à l'école des teubés

Avis sur Carrie : La Vengeance

Avatar EvyNadler
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Carrie n’est pas une greluche comme les autres. Sous sa jolie silhouette masquée par le poids des années d’humiliations, le dos voûté - presque à quatre pattes, les lèvres (qu’elle aimera se mordiller quand elle se rendra compte qu’elle est plus séduisante quand elle fait moins la gueule) pâteuses et un mutisme suffoquant se cache une jeune fille pleine de bon sens, d’esprit et de bon sens, et d’esprit aussi, contrairement à ses camarades immondes, tous ou presque au summum du summum de la comédie inhumaine, vaste bêtise de l’adolescence ici caractérisée par des pétasses à la langue bien tendue . En héritage, une mère folle, écrasée par le possible démon démoniaque qui démonte sa fille et démontre, par la présente, ses salutations les plus dérangées lorsqu’elle tente inlassablement, telle une Moretz envers une (brillante) carrière, de tuer sa fille avec la panoplie complète de la vieille aventurière. Tout est pêché, rien n’est consommé. Je suis les trames scénaristiques lourdingues de Jack.

Il y a là les mystères, le silence sous la mère, qui luttent contre le temps. Le temps d’un instant, celui du film qui montre le rodéo dans un métro manqué d’une jeune actrice bancale qui n’a ni les épaules, ni l’envergure, ni la passion détraquée d’une Carrie sanguinolente pour tenir un rôle d’une telle puissance cosmique. Comique à certains égards, le remake rebaptisé thriller, plus teen movie que Jackson, se perd dans un final résolument explosif qui n’a de cesse de rappeler que Carrie, la vengeance est un plat qui se mange sans saveur mais dans une assiette sertie d’or et de diamants. Je suis la déception de Jack.

Peines de coeur pour des charmes si volubiles, murés dans une singularité inexistante et parqués dans une belle vitrine comme s’il s’agissait là du douzième film d’un cinéaste au rabais. On ne peut pas, avec une telle matière et une telle enveloppe, se permettre de faire tomber de son vélo le postier pour lui en donner un plus grand. Carrie est une institution bafouée, reniée et assumée qui ne cesse, à longueur de récit, de marteler le spectateur d’un surnaturel enfantin au détriment d’une peur qui ne s’installe jamais, pliant bagages et préférant encore aller se repaître du côté de Twilight, chez le beau Edward aux mains plus tranchantes mais beaucoup plus créatives que celles de la jolie Moretz-je-vous-salue-pleine-de-sang. Je suis le foutage de gueule de Jack.

Trop de facilités faciles, trop d’incohérences incohérentes, trop de pop corn distribué aux plus offrants alors que ce bateau ivre coule et qu’il fait apparemment des merveilles chez les heureux du monde. Ce film n’est rien si ce n’est le prochain prime de NRJ12, éventré par des ralentis d'une inutilité rarissime, modelé par une réalisatrice dont les mérites sont vantés mais ici aspirés par une grande machine clinquante mais démontée puis remontée à l’envers - et je ne parle pas de Julianne Moore...

«Vous n’oublierez jamais son nom »

Carrie Potter, bien sûr. La bonne poire qui fait de la télékinésie sans que personne ne bronche jamais. Quand je pose mes yeux sur cette affiche, seul moment de trouille - et encore je dois exagérer pour justifier mes trois étoiles, je repense au film et je me dis que c'est une mauvaise plaisanterie. Rien de plus.

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