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Casablanca par Christine Deschamps

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Curieux, je ne l'avais jamais vu. Pourtant, c'est une référence incontournable. Voilà l'oubli rattrapé. Sans grande conviction, au départ : le hiératique Bogart, figé, qui promène son amertume la clope au bec dans un établissement un peu louche, pas de quoi déchaîner l'enthousiasme. La faune du lieu finit par présenter un certain intérêt, grâce à l'époque : la cohabitation d'Allemands et de Français dans un territoire éloigné du terrain principal de leur conflit avait tout de la curiosité; c'est un aspect finalement assez peu traité par le cinéma. L'arrivée d'Ingrid Bergman a été un bol d'air dans l'atmosphère confinée du boui-boui... on sent tout de suite qu'entre avec elle une autre dimension du récit, que vient assez rapidement illustrer le flashback qu'on attendait tous pour donner à Rick un peu de consistance (il faudra penser à souffler à Bacri le procédé, ça étofferait un peu la plupart des bougons qu'il incarne à l'écran...). Et ça marche, même si sur le coup, il en sort un peu égratigné... pauvre chou au cœur brisé que la douleur transforme en ermite si bien entouré. Un ressort psychologique un peu rengaine dont on a hâte de voir se gripper la mécanique. Heureusement, ça finit par arriver, et le flic roublard qui le soupçonnait d'être un cœur sensible nous préparait le terrain depuis le début. A partir de là, on peut commencer à trouver plus d'attrait à l'évolution du personnage, qui devient le cœur du récit. Là, j'étais gagnée à sa cause, et j'attendais le dénouement tant cité par les cinéphiles, sur le tarmac d'un petit aéroport. Un sommet assez bien amené par un scénario bien ficelé, et plutôt bien joué par un casting de légende. Voilà, au final, oui, c'était tout à fait digne de figurer dans tant de panthéons, même si ça ne s'incrustera pas dans le mien.

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