Une revisite moderne jouissive du mythe "bondien", porté par un Daniel Craig percutant...

Avis sur Casino Royale

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Adapté du roman éponyme de Ian Fleming, son tout premier d’ailleurs, Casino Royale marqua une rupture forte avec les vingt opus constituant la prolifique saga James Bond : en effet, là où ces derniers s’enlisaient dans le modèle du gentleman tout beau tout propre et ses gadgets improbables, ce 21e volet opéra une sorte de reboot en décrivant l’émergence du plus fameux des espions (promu agent 00 en tout début de long-métrage), alors bien différent du modèle gentillet ; en ce sens, on tient là un Bond froid, brutal et expéditif, source de bien des tracas pour son supérieur M tant il parait incontrôlable… ah, et il est blond (un sacrilège pour certains) !

Rien de déstabilisant pourtant, dans la mesure où Daniel Craig crève pour ainsi dire l’écran, charismatique à souhait et au bout du compte très convaincant en 007 ; sur ce point à chacun son avis, mais ce dernier est sans conteste, de mon avis, le meilleur Bond de la licence.

Il faut dire que la trame de Casino Royale s’avère rapidement palpitante, d’abord amorcée d’une bien belle manière avec l’excellente séquence d’ouverture, à laquelle succédera le savoureux You Know My Name de Chris Cornell… puis voilà que le rythme s’emballe au gré d’une course-poursuite ingénieuse, pour finalement se conclure de façon explosive ; quelle mise en bouche dantesque !

Au bout du compte, le long-métrage consiste en une intrigue superbement étoffée, et entrecoupée à merveille de scènes d’action (mais pas que) alliant savant suspense et délectable tension ; on ne pouvait donc pas rêver mieux quant à la naissance de James Bond, et ce dernier n’a jamais été aussi approfondi, fort d’un caractère bien trempé et de faiblesses palpables… preuve en est que derrière le tueur de sang-froid et son regard bleu-acier se cache une personnalité bien plus humaine qu’il n’y parait.

La romance l’associant à la sublime Vesper Lynd (Eva Green oblige) n’est assurément pas en reste sur ce point, et son évolution s’avère bien menée en parallèle de l’intrigue entourant le Chiffre (porté par le talentueux Mad Mikkelsen) : celui-ci est par ailleurs un superbe antagoniste dans le genre, donnant lieu à une partie de poker mythique et des rebondissements à n’en plus finir… fort de ses brumeuses interactions avec l’énigmatique M. White entre autre.

Toutefois le dénouement concernant cet as des mathématiques surprend et pas qu’un peu, et l’idylle vécue par Bond et Vesper, dans le cadre romantique de Venise qui s’en suit, vient casser de façon soudaine la dynamique (pour le moins emballante) instaurée au fil du long-métrage ; ce changement déconcertant de ton masque finalement un ultime coup de théâtre savoureux, venant relancer une trame décidément grisante, avec une conclusion passant du tragique émouvant… à la plus illustre réplique bondienne qui soit, alors énoncée de façon épique.

Et pour finir, il convient de citer une BO jouissive de David Arnold taillée sur mesure, alors parfaitement couplée à la mise en scène maîtrisée de bout en bout par Martin Campbell, déjà réalisateur d’un certain GoldenEye

En résumé Casino Royale est grandiose, ni plus ni moins, et est venu donner un coup de fouet bienvenue à une saga ne demandant qu’à être (enfin) modernisée ; le couple Craig/Green retient en tout cas l’attention, et il va sans dire que le divertissement est clairement assuré au gré de séquences musclées… et d’une formidable partie de poker. Un Triomphe !

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