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Casse-tête chinois par AL Soyez

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Pas si simple de s’attacher à Xavier. J’ai découvert L’Auberge espagnole trop jeune, à une période où je ne pouvais évidemment pas le comprendre. J’en étais vite venue à la conclusion du « je n’aime pas », tout simplement. Quelques années plus tard, je donnais une autre chance à cet homme devenu trentenaire. Et là, coup de foudre. Xavier était devenu mon type. La trentaine lui allait sans doute mieux que la vingtaine.

Il m’aura fallu des années pour accepter de revoir L’Auberge espagnole. Bonne nouvelle, avec le temps les gens changent, les goûts évoluent. En le découvrant pour la seconde fois, j’ai vibré, j’ai pleuré, j’ai ri… Xavier m’a semblé plus proche. Un coup de foudre à retardement. Finalement, la vingtaine ne lui allait pas si mal. Et qu’en est-il du quarantenaire ?

Xavier est plus vieux, il a des enfants, une femme, un appartement. Mais au fond, Xavier est toujours un peu paumé. Le fait que Wendy le quitte pour un américain n’arrange pas vraiment les choses. Pour pouvoir être proche de ses deux enfants, il va lui aussi partir pour les États-Unis, New York plus précisément. Il va devoir découvrir une nouvelle ville, se faire une nouvelle vie.

Sur la papier, tout ça était emballant. Retrouver ces personnages des années plus tard, dans l’environnement de la Grosse Pomme, j’en bavais d’envie. Casse-tête chinois est vite devenu une de mes grosses attentes de cette fin d’année.

Je ne vais pas vous mentir, on prend beaucoup de plaisir à découvrir l’évolution de Xavier, Wendy, Martine, Isabelle. Là où ça se gâte un peu c’est quand on découvre le manque d’inspiration de Klapisch qui multiplie les clin d’œil aux deux films précédents au travers de situations déjà vues. C’est amusant la première fois, ça devient lourd ensuite. Quitte à nous rappeler l’Espagne et la Russie, on aurait préféré revoir les bouilles de tous les autres, ceux qui ont croisés le chemin de Xavier à plusieurs reprises comme le frère de Wendy, William, la pimbêche Anne-Sophie ou l’andalouse Soledad.

Attardons-nous donc sur les quatre personnages restants. Si Wendy est au second plan, Martine reprend une place centrale et se révèle toujours aussi agaçante que dans les deux premiers. Le pire reste Isabelle que Klapisch a tout simplement oublié de faire grandir pour n’utiliser que son ressort comique. Heureusement, Xavier reste égal à lui-même avec ses questionnements multiples, ses mauvais choix et ses rattrapages de dernières minutes. Le découvrir en père est peut-être le vrai plus de ce Casse-tête chinois.

Et puis il y a cette fin, la pire fin qu’aurait pu choisir Klapisch, celle qui me fait remettre les deux autres films en question. Cette fin que je n’aurais pas voulu voir. Cette fin dont je ne peux évidemment pas vous parler mais qui, vous l’aurez compris, a fait plus que me décevoir. Une fin que je n’ai pas comprise. Et si elle est logique pour Klapisch et pour le personnage de Xavier, c’est que j’ai dû passer à côté de l’essentiel de la trilogie. Ouille…

Essayons d’oublier ce final désastreux. Le reste du film se laisse regarder avec plaisir même si avec beaucoup moins de surprises que les deux premiers vu que, comme dit plus haut, la recette est sensiblement la même. Il y a évidemment un humour certain. Les séquences hilarantes sont là. Et puis, il y a ces scènes d’une beauté et d’une vérité fulgurantes qui me font apprécier ce film malgré tout (je pense à un quai de métro par exemple).

Finalement, ce Casse-tête chinois est à l’image de Xavier. On a du mal à le comprendre, il a des défauts évidents, un humour variable… Mais qu’est-ce qu’il est attachant.

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