Ce qui me saoule

Avis sur Ce qui nous lie

Avatar JanosValuska
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De Klapisch je reste tout particulièrement attaché au Péril jeune et à sa « trilogie Erasmus ». Le reste je m’en fiche sinon pire. Paris c’était affreux. Ma part du gâteau tentait lui la rom’com contrariée entre un trader et sa femme de ménage. Gros film de droite sur lequel planait Karin Viard récitant à la perfection sa partition habituelle et le gros Lellouche aussi insipide que d’habitude. J’en garde le souvenir d’un gros film sarkozyste bien ancré dans son temps.

L’idée de faire un film sur trois jeunes vignerons, frères et sœurs, bien emmerdés pour assumer les droits de succession du vignoble après le décès de leur père, est aussi logique que paradoxale tant c’est dans la continuité de la droitisation de son cinéma et un peu anachronique dans son sujet : C’est quasi chiraquien, en fait. Bref, tout laissait penser que Klapisch avait enfin assumé ses orientations politiques.

Et le film est parfois attachant parce que ses trois acteurs le sont. On sent d’ailleurs que Klapisch prend ces trois-là (Pio Marmaï, Ana Girardot et François Civil) pour faire du pied à la presse de gauche. Il brode aussi quelques messages de tolérances et construit des embryons d’histoire d’amour entre les vignerons et les vendangeurs pour donner le sentiment que tous sont sur la même longueur d’onde.

Mais pour ne pas faire trop bisounours il insère des petits conflits c’est-à-dire qu’il disloque sa mécanique « Point de fête sans le vin » pour se donner bonne conscience – La scène des premières vendanges en est le plus fidèle exemple : Les jeunes sont relous à faire les cons avec le raisin, oui. Mais les patrons sont chiants aussi à ne plus vouloir se marrer, oui. Mais les jeunes sont quand même relous et interchangeables dans leur médiocrité alors que les trois patrons sont tristes et ont chacun leurs problèmes familiaux donc il faut leur pardonner. Oui c’est un peu gênant.

En guise de frissons de la honte, Klapisch a l’idée de faire une apparition du côté des vendangeurs. Pour faire comme Hitchcock, sans doute, mais surtout pour rappeler qu’il est toujours du côté des jeunes, des pauvres. Il a une autre idée embarrassante ce sont toutes les séquences où Pio Marmai dialogue avec son moi enfant. Là c’est chaud. Et il a une autre idée fabuleuse c’est le titre. Comme on voyage beaucoup dans le passé des personnages j’imagine qu’il voulait voyager dans le sien aussi, tout en jouant moins sur le mouvement que sur l’idée de lien. Ce qui me meut (le titre de son premier court, devenu depuis le nom de sa société de production) devient donc Ce qui nous lie. Astucieux, hein ?

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