Usine à douleurs en médiocratie ordinaire

Avis sur Cellule 211

Avatar etiosoko
Critique publiée par le

Un malheureux surveillant de prison stagiaire, en repérage préalable dans le pénitencier la veille de sa prise de service, se retrouve aspiré dans une mutinerie sanglante et généralisée des détenus qui prennent le contrôle du bâtiment. N’ayant d’autre choix que de se faire passer pour l’un d’eux pour survivre, il gagne la complicité du leader, dangereux psychopathe en apparence, qui se servira de lui pour jouer les médiateurs avec les autorités.
Clairement violent, la force de ce film espagnol est pourtant bien plus profonde dans les véritables enjeux et mécanismes des brutalités réciproques, et dans les implications souterraines des actes, conditions, négociations et douleurs, tant pour les inhumaines et déplorables conditions des gardiens que celles des prisonniers, issues d’un système carcéral corrompu et inadapté. Au-delà de l’hémoglobine, le cadre extrême du microcosme carcéral est idéal pour les messages radicaux de dénonciation, tout en sachant montrer les rares vertus de courage et d’intelligence des deux bords, la plupart du temps étouffés dans l’océan de médiocrité. D’abord axé sur les sauvageries des détenus, le film accuse brillamment les enjeux mesquins, les petites obsessions politiques et économiques, les fourberies, lâchetés et incompétences qui caractérisent la nouvelle caste au pouvoir aujourd’hui, la médiocratie.

Et vous, avez-vous apprécié la critique ?
Critique lue 264 fois
5 apprécient

etiosoko a ajouté ce film à 1 liste Cellule 211

Autres actions de etiosoko Cellule 211