Si le crédit n'existait pas, y a longtemps que l'Afrique serait morte !

Avis sur Cent mille dollars au soleil

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Après La Française et l'Amour et Un singe en hiver, le cinéaste Henri Verneuil retrouve la Star Jean-Paul Belmondo, tout juste débarqué de L’Homme de Rio, pour un western urbain à la française, chef-d’œuvre indémodable, magnifiquement écrit par Marcel Jullian et Verneuil adaptation au cinéma du roman de Claude Veillot, Nous n’irons pas au Nigeria, et magistralement dialogué par Michel Audiard. Rocco, chauffeur routier, dérobe à son employeur un camion dont le chargement vaut 100 000 $. Marec dit Plouc son ami de vingt ans, se lance à sa poursuite dans le désert marocain. Au casting qui a de la gueule, on retrouve une autre Star, Lino Ventura (Touchez pas au grisbi, La Septième Cible) qui retrouve Belmondo après Classe tous risques, mais aussi Bernard Blier (Le cave se rebiffe, Je hais les acteurs), Reginald Kernan (Les Mauvais Coups), Andrea Parisy (Les Tricheurs, La Gueule de l'autre), Gert Fröbe (Les héros sont fatigués, Goldfinger), Anne-Marie Coffinet (Un singe en hiver, Céleste) et Pierre Mirat (Paris brûle-t-il ?, Mais où est donc passée la septième compagnie ?)

Veinarde, va ! Tu m'as choisi parce que je suis beau, et crac ! V'là qu'en plus c'est un cerveau, le mec.

C'est dans la petite ville de Blima, point de départ de la piste qui mène au Nigeria, que commence l'aventure. Hervé Marec, Rocco et Mitch-Mitch sont des camionneurs employés par l'entreprise Castigliano and Co. Un jour, arrive un sept tonnes, flambant neuf, dont l'important chargement est confié à un certain Hans Steiner, un nouveau. Rocco apprend qu'il s'agit d'une cargaison clandestine et décide de la détourner à son profit. Il élimine Hans et s'enfuit à bord du camion, emmenant avec lui la fort ravissante Pepa, une jeune femme qui semble éperdument amoureuse de lui et, surtout, de qui il tient tous les renseignements dont il a besoin...

Dans les endroits déserts, vaut mieux toujours être aimable. Ça coûte rien et ça économise les cartouches. C'est pour ça que tu vas fermer ta grande gueule.

Road-movie avec courses-poursuites et bagarres homériques dans le sable et la poussière, un film viril où des camionneurs rivalisent de coups tordus et de coups de poing assénés sans modération dans les dunes du désert marocain, deux ans après Lawrence d'Arabie. Les dialogues succulents de Michel Audiard sont fabuleux, on savoure chaque réplique notamment celles de Bernard Blier dans le rôle secondaire de Mitch-Mitch, il amène à travers sa prestation la petite dose d’humour qui va bien au film. Fait amusant, l'œuvre fut tourné en noir et blanc pour des raisons d'économies.

Veinard, tu vas connaître ce que c'est qu'une famille. Parce que chez le père Casta, y a pas de chauffeur, y a pas de patron. Y a une grande famille. Chez nous, jamais d'histoires, jamais de grèves. Les syndicats, connaît pas. Quand un chauffeur veut un congé ou de l'augmentation, il vient me trouver, je l'écoute et je le vire. Avec les mirontons que j'emploie, si on tolère les caprices, on tient pas 8 jours, et y a 25 ans que je suis là. Tu vois ce que je veux dire ?

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