Au sommet du 7ème Art

Avis sur Certains l'aiment chaud !

Avatar Eric Pokespagne
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On a beau être désormais habitués à ce que le cinéma nous montre toutes les sortes de subversion possibles, on reste littéralement épatés par l'audace de Billy Wilder, qui en 1959, réalisait une grande comédie populaire - soutenue par une star planétaire, Marilyn Monroe - pour nous décrire avec affection le transvestisme et l'homosexualité !

La recette de ce succès public fut bien sûr d'habiller ce scénario "osé" de tout le charme et l'humour possibles, mais "Certains l'aiment chaud" est l'une de ces GRANDES comédies ("pour l'île déserte", comme on dit...) où tous les éléments se mettent en place parfaitement, à notre plus grande joie. Le scénario, d'une audace et d'un humour ravageurs, baigne en outre dans une sensualité gouailleuse et rigolote, et le film est une merveille de rythme, d'invention et de gaîté.

Tony Curtis et Jack Lemmon font preuve d'une vraie subtilité dans la description de l'ambigüité sexuelle tout en restant parfaitement hilarants, et Marilyn, dans un rôle archétypal de blonde stupide, fournit le contraste bienvenu de l'innocence. En tous cas, on n'oubliera pas de sitôt Lemmon dansant un tango érotico-comique avec son soupirant milliardaire ou pestant contre le groom qui lui a pincé les fesses dans l'ascenseur : une telle évidence et une telle concision dans l'humour placent le chef d’œuvre de Billy Wilder au sommet du 7ème Art.

Il faut encore citer cette fin idéale, et l'ultime définition du Happy End dans toute sa nécessité - ce happy end si souvent décrié comme soumission aux conventions du spectacle : deux hommes dans un bateau, avec un quiproquo sans solution, Marilyn partie avec un autre, un parfum de tristesse, et c'est le dernier dialogue : "Mais je fume au lit ! / Je m'y habituerai / Écoutez, je ne peux pas avoir d'enfants ! / Pas grave, nous en adopterons ! / Mais, enfin (en arrachant sa perruque...), je suis un HOMME !! / Personne n'est parfait". Bien sûr que nous savons que nous courons à la catastrophe, mais le cinéma nous apprend que la liberté l'emportera toujours sur les culpabilités, la jeunesse sur la vieillesse, la vie sur la mort. Magnifique, un point c'est tout !

[Critique écrite en 1999 et 2001]

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