Jamais la fin de l’humanité n’a paru si proche

Avis sur Chansons du deuxième étage

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Roy Andersson poursuit son examen du monde contemporain dans son économie de mise en scène qui lui est caractéristique. Fait rare dans sa filmographie, Chanson du deuxième étage se voit agrémenté d’un travelling arrière, véritable incongruité au milieu des plans fixes réglés dans leurs moindres détails (gestion prodigieuse de la profondeur de champ).
Dans un juste équilibre entre comique de situations, parfois absurdes et surréalistes, et dialogues mordants, Roy Andersson enchaîne ses tableaux qu’il relie subtilement par l’intermédiaire d’un protagoniste ou d’un évènement.
Le réalisateur dépeint une société désabusée (« Aimé soit celui qui s’asseoit »), au bout de l’espoir (pendre quelqu’un car il n’appartient pas à la « bonne race » puis se lamenter d’avoir « sacrifié une jeunesse pleine d’avenir »). Un monde déshumanisé dans lequel les sujets ne savent plus à quoi croire (écrire des poèmes rend fou) et à qui se confier.
Assurément, ce volet de La trilogie des vivants est le plus pessimiste du cinéaste suédois. L’humour y est des plus grinçants, les teintes y sont ternes et froides. Les personnages taciturnes, livides, désespérés, semblent déjà hors du temps comme des morts vivants. Jamais la fin de l’humanité n’a paru si proche.

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