Les yeux sans vie, sages.

Avis sur Chats rouges dans un labyrinthe de verre

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Un giallo ? Pourquoi pas : n'étant pas un grand connaisseur du cinéma italien (ni un grand amateur non plus, au passage), je ne connaissais jusqu'à présent, dans ce genre, que quelques réalisations dario-argentesques. Voyons un peu ce machin au titre interminable (tiens, d'ailleurs, une question m'assaille : les giallo doivent-ils forcément avoir un titre comme ça ? Non, parce que le titre italien de ce film, ça envoie le bois ! Du coup, ça m'a rappelé le titre des premiers Argento, genre "Le chat à neuf queues" ou le très beau "Oiseau au plumage de cristal". Mais je m'égare, et pas seulement d'Austerlitz).
L'histoire tiendrait à l'aise sur la tranche d'une pièce de deux centimes : un groupe de touristes américains visite Barcelone et se fait décimer par un tueur forcément sadique qui se complait à travailler à l’œil. A l’œil gauche, pour être plus précis. Donc, les demoiselles se font étriper à la file, avec force faux sang et cris stridents (poil aux dents).
Enfin, quand je dis "à la file", j'extrapole, j'hyperbole un chouïa. Si je voulais être plus précis, il y a un meurtre, qui dure trente secondes, puis on papote pendant un quart d'heure, et on énuclée à nouveau, et on reprend. Alors, forcément, on arrive vite à la conclusion que le coupable fait partie du car, et on se soupçonne mutuellement dans la joie et l'allégresse (d'oie, c'est meilleur). Les fausses pistes se multiplient (mais pas trop quand même, il ne faut pas perdre le spectateur).
Et les improbabilités itou. Le scénario enchaîne les incohérences, et on s'en fout. Peut-être étais-je dans une bonne journée, je ne sais, mais je fais preuve d'une coupable bienveillance au sujet de ce film. C'est vrai que ce n'est pas super bien filmé, et jamais je n'ai ressenti la moindre peur. Mais le film se laisse voir avec un certain plaisir. Peut-être les paires de seins filmées en gros plans y sont pour quelque chose ; rien que d'y repenser, j'en suis tout guilleret. Oui, car le cinéaste a clairement choisi son public : des mecs, des vrais !
La réalisation, d'ailleurs, se plait à satisfaire d'assez bas instincts (sexe et sang), ce qui tend à confirmer que le public italien est particulièrement pervers (ce qui ne surprendra personne).
En bref, un petit film avec lequel il faut être bien indulgent mais qui, je pense, représente bien le giallo moyen.

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