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Chinese Zodiac par Jérôme Richenauer

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Voilà un film bien difficile à aborder. En tant que fan du cinéma de Chan des années 70-80, les deux premiers films de la saga, Mister dynamite et opération condor, font partie de ces films savoureux, pleins d'actions, de cascades toutes aussi folles les unes que les autres. Alors quand le monsieur il indique qu'il va réaliser un troisième épisode, tu te tais et tu piétine d'impatiente. Tu vois la première bande annonce et tu te retrouve dans les années 80. Le fait est que le cinéma de HK n'est plus le même que celui des années 80, et Jackie Chan n'est plus le même que dans les années 80. Il est plus vieux, maintenant. Et ça se sent. Il a été fortement influencé par sa carrière américaine malheureuse, et ça se sent. Le film s'ouvre sur une scène spectaculaire. C'est too much, pas vraiment drôle, mais on peut lui laisser ça. C'est spectaculaire. S'en suit un grand vide. Parsemé d'humour pas drôle, de dialogues affligeant, de décors exotiques pas forcément réussis. Il y a bien des scènes d'aventures, mais elles misent bien plus sur le grotesque que sur l'action. Le scénario, comme d'habitude, ne sert que de prétexte. Chan tente bien d'approfondir un peu ses personnages, mais c'est peine perdue.
Vous avez noter que je n'ai pas encore parler des bastons ? Tout simplement parce qu'après 1h20 de film, l'amère constatation arrive: Il n'y en a pas eu. Quelques passes par ci par là, aussi vite finies que commencées, mais pas de baston. Pas de ce que l'on attend de Jackie Chan. La déception est énorme. On se console. On se dit que le monsieur a 60 ans et qu'il a passé l'age de risquer de se péter quelque chose à chaque prise. On le comprend. On le comprend mais on ne peut qu'être déçu. On aurait aimer un dernier chant du cygne avant que son cinéma ne disparaisse.
Et puis ils ont eu la visite de Jackie Chan, venu du passé. Le mec, il est venu, il a vu ça, du haut de ses 30 ans, et il a dit: "Dis donc, vieux. Tu nous fais quoi, là ? Tu veux que je te rappelle ce que Jackie Chan signifie? Alors tu va me faire le plaisir de bouger ton petit cul."
Et là arrive un moment de grâce. Le Jackie Chan de 60 ans se dit "fuck this shit". Il se dit "je suis Jackie fucking Chan". Il dit "c'est bon, faites pas chier, amenez moi les hommes de main, faites sortir les mecs de l'assurance, ils n'aimeront pas ça. On va faire du Jackie Chan". S'en suit ce que l'on attendait. LA baston. Celle qui te fait redresser sur ton siège. Celle qui voit Chan sauter dans tous les sens, virevolter, utiliser décors et accessoires. Une véritable baston des années 80. Un pur moment. Ce que l'on attendait. Ça ne dure que 10 minutes. Mais pendant ces 10 minutes, on oublie tout le reste.
S'en suit une scène finale, puis le générique. Le générique qui, comme d'habitude, nous rappelle que c'est bien Chan qui fait tout. Oh, ça peut sembler peu impressionnant à l’écran, mais le mec, à 60 ans, le fait. Ce qui, au final, arrive à nous donner cette touche de sympathie. Puis le générique embraye sur un récapitulatif de sa carrière. Et là, on se rend compte de ce que l'on a perdu. En revoyant tous ces extraits, des polices story au marin des mers de chines, en passant bien sûr par les films de la saga armour of gods. Un hommage qui titillera assurément la fibre nostalgique du fan que je suis.
Ce film est bourré de défauts. De gros. Mais on ne peut s'empêcher d'avoir de la sympathie pour lui. Surtout pour Jackie Chan.
Ah, oui. Bon dieu, qu'il m'a donné envie de revoir tous ses vieux films.

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