"Enfer mécanique !"

Avis sur Christine

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Le jeune Arnie Cunningham (Keith Gordon) fait face à Christine, le regard comme envoûté. A cet instant, John Carpenter laisse de côté les gros synthétiseurs qui claquent et qui font sa marque de fabrique musicale pour un morceau plus intime et sensuel à la fois. Le seul hic et il est de taille, c’est que Christine n’est pas une femme, il s’agit d’une voiture, qui, devant le jeune homme, se répare toute seule dans un trip troublant de séduction faisant penser à un striptease (une scène cultissime). Bienvenue dans l’univers de Stephen King, qui en cette année 1983, laisse son roman éponyme entre les mains du maître du fantastique ; John Carpenter. Après un habile prologue qui pose les bases du récit, le réalisateur d’«Halloween, la nuit des masques » nous entraîne sur les pas d’Arnie Cunningham, un jeune homme timoré, introverti, chaperonné par son meilleur ami de lycée et star de football Dennis Gilder (John Stockwell). Carpenter en profite pour faire un petit détour dans le monde du Teen Movie et nous présente Lee (Alexandra Paul) la magnifique petite nouvelle de l’école. Mais l’histoire classique que Carpenter nous caricature, va se voir pervertie par l’arrivée de Christine, l’épave roulante d’une Plymouth Fury 1957 dont Arnie devient le propriétaire pour le meilleur mais surtout pour le pire. Au contact de la voiture, Arnie ne sera plus le même. Investissant sans relâche le garage du vieux bourru Will Darnell (Robert Prosky) pour remettre son bijou en état, Arnie va peu à peu perdre pied et oublier famille et amis, pire, une double personnalité semble prendre possession de son corps. Avec «Christine», John Carpenter signe un excellent récit schizophrène et fantastique à l’humour noir diaboliquement efficace. Au fil du film et de ses événements macabres (et ils sont nombreux), Big John n’aura de cesse que de déshumaniser Arnie, son héros de chair et de sang pour mieux humaniser son héroïne mécanique. Un contre-pied essentiel, car devant la caméra de Carpenter, la Plymouth Fury 57 n’aura jamais semblé aussi vivante, perverse et démoniaque. Une prouesse rappelant le camion monstrueusement humanisé de «Duel» de Steven Spielberg.

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