Hong-Kong Dreamin'

Avis sur Chungking Express

Avatar Albator_Larson
Critique publiée par le

La Présentation

Chungking Express est le quatrième film de Wong Kar-Wai, sorti en 1994 avec Takeshi Kaneshiro, Tony Leung, Faye Wong et Brigitte Lin dans les rôles principaux.

Le film conte deux histoires qui finiront par se croiser à Hong Kong : celle du matricule 233, un jeune homme joué par Takeshi Kaneshiro, qui vient de se faire larguer, mais qui a décidé d'attendre un mois (le premier mai) pour se dire que son amour a périmé en achetant des boîtes d'ananas (le fruit préféré de sa copine) qui se périme justement le premier mai.

La deuxième, est celle d'un autre policier, le matricule 633 joué par Tony Leung, qui va lui aussi se faire larguer par sa copine, qui se console en projetant son mal être aux objets de son appartement auxquels il parle ...

Tous deux ferront au fil de l'hisoitre, la rencontre de femmes qui changeront leurs vies jouées respectivement par Brigitte Lin, qui joue une trafiquante de drogues et Faye Wong, qui joue quant à elle, une serveuse au Chungking Express !

Rencontre Poétique de l'Asie et de l'Occident

Le cinéma Hong-Kongais c'est fait une réputation dans les années 80 - 90 grâce à des cinéastes comme John Woo, Tsui Hark, Ringo Lam ou encore Johnnie To, ayant créé l'Heroic Bloodshed pour John Woo et Ringo Lam. Ayant révolutionné le film d'art martiaux Chinois pour Tsui Hark, ou encore devenu un maître du Thriller pour Johnnie To.

Wong Kar-Wai quant à lui a beau avoir commencé par un film hommage à Mean Streets, il s'est rendu compte que contrairement à son maître : Patrick Tam, il n'est pas quelqu'un qui prévoit tout et qui peut même arriver à le faire étant donné qu'il est sans cesse en train d'écrire !

Du coup, Dans Nos Années Sauvages, il partira avec une trame dont il connait le début et la fin, le reste est improvisé comme chez Werner Herzog (dont je vous conseille Aguirre et Fitzcarraldo qui sont des films à voir si vous aimez Kar-Wai et sa démarche) !

Chungking Express quant à lui, est filmé en majorité de nuit dû au peu de moyens du projet, ainsi que du fait que Wong travaillait sur Cendres du Temps en même temps, alors Chungking Express a été tourné en quelques jours.

De ce fait, les surprises sont de mises aussi bien pour le réalisateur, que pour le public qui découvre de nouveaux éléments à l'écran à chaque plan, qui étant en plus en grande majorité contemplatifs, nous permettent de voir se mouvoir les théories de Godard sur l'infiltration de la publicité dans le lien social, posant le film en œuvre post-moderne qui a la place de blâmer, préfère l'intégrer à son cinéma en redorant ce que les pubs et les vidéos clips ont monétisées !

En effet, là où les sentiments sont bassinés sans la moindre poésie jusqu'à l'écœurement dans les médias, Chungking Express reste indirect comme par exemple l'anecdote du matricule 233 qui court pour évacuer toute l'eau de son corps afin de ne pas pleurer !

De plus, quand on pose le film dans la filmographie de Wong Kar-Wai, Chungking Express n'est ni aussi intellectuel et abstrait que Nos Années Sauvages, ni aussi expérimental graphiquement que In The Mood For Love, mais Chungking Express par son imperfection est d'une humanité déconcertante et rafraîchissante !

La Réalisation

La réalisation de Wong Kar-Wai oppose des romances entre des marginaux avec la ville qui est dynamique à l'excès jusqu'à avoir des séquences au ralenti sur le protagoniste, alors que la foule autour de lui est en accélérée ou les scènes d'actions fugaces avec quelques plans filmés caméra à l'épaule de manière tremblante un peu comme dans As Tears Go By, mais en plus exacerbé !

Au niveau des cadres, ils font en sorte de montrer l'isolement du personnage, que ce soit l'isolement de la ville comme dans les films noirs, ou le retrait sur soi-même avec de nombreux plans ou ces personnages se retrouvent entre deux murs ou deux espaces avec très peu de place libre dans le cadre ou de faire réfléchir une lumière sur eux pour tordre l'image que l'on a d'eux.

Les Acteurs

Takeshi Kaneshiro assure en matricule 233 avec son sourire en coin et ses petites anecdotes avec toujours un certain culot qui fait sourire, mais Tony Leung lui pique la vedette (ce n'est pas grave Takeshi dans Les Anges Déchus, c'est toi la vedette !) dans le rôle du matricule 633 qui face à la pétillante Faye Wong, montrera l'étendu de son jeu se tirant l'un et l'autre vers le haut !

La Musique

La B.O est composé par Frankie Chan, Michael Galasso et Roel A. Garcia, avec la reprise de Dreamlover des Cranberries par Faye Wong, ainsi que California Dreamin' des Mamas and Papas et j'avoue être particulièrement être sensible à l'utilisation des morceaux dans ce film, même de California Dreamin' qui a pu souler certains, alors ça dépendra des sensibilités musicales de chacun !

La Conclusion

Pour conclure, Chungking Express est à défaut d'être le meilleur Wong Kar-Wai, celui qui sera souvent le plus marquant, par son humanité et sa capacité à laisser son public l'approprier !

Et vous, avez-vous apprécié la critique ?
Critique lue 214 fois
1 apprécie

Albator_Larson a ajouté ce film à 9 listes Chungking Express

Autres actions de Albator_Larson Chungking Express