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Avis sur Chungking Express

Avatar Sergent Pepper
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Il y a des soirs où l’on est moins en forme que d’autres, et l’on peut considérer ça comme un alibi justifiant l’agacement où la déception face à un film souvent salué comme grand par la critique.
Je me rends compte que WKW est étrangement tombé en désuétude dans ma cinéphilie : découvert au moment de Happy Together, séduit par le carton In the Mood for Love et fasciné par 2046, j’ai depuis totalement perdu de vue ce réalisateur qui trônait pourtant au sommet de l’aube des années 2000.
Au bout d’une dizaine de minutes, je me suis rendu compte que j’avais déjà vu Chungking Express, dont le seul souvenir se limitait à la rengaine autour de California Dreamin’, et que ce film poseur et irritant parvient à souiller du fait de son exploitation intensive, chose que ne pardonnerai jamais qu’on fasse subir à un pareil joyau de la pop.
Certes, en 1995, on peut considérer comme de l’audace le recours aux points de vue multiples et le relâchement de la narration à travers des personnages plus ou moins désaxés et insolites. On est surtout séduit par l’avènement d’un nouveau cinéma asiatique, prêts à faire passer pour une spécificité culturelle les affèteries les plus grossières et le flottement généralisé du récit. Les ralentis, la caméra l’épaule qui ferait passer le Lars Von Trier période Dogme pour Ozu, la pseudo poésie insolite, tout m’a profondément agacé. Car si l’on peut justifier certains excès formalistes et poseurs, encore faut-il qu’ils soient au service d’un propos. Or ici, pardonnez du peu, mais on ne dépasse que la bluette d’un spot pour du parfum en période de Saint Valentin. Même les gunfights passés à la moulinette de la soupe mièvre n’atteignent pas leur cible. Quant au texte, (« je cours pour faire sortir toute l’eau de mon corps et n’avoir plus de larmes », ou, must absolu, lorsque Leung affirme face à une inondation dans sa maison : « Soit j’ai laissé le robinet ouvert, sois la maison pleure »), si c’est sérieux, c’est pathétique, si c’est parodique, c’est pathétique, si c’est insolite, c’est pathétique.
Que le personnage continue à parler à son savon et sa future chérie remplir son aquarium, mais sans moi, parce que je suis de mauvaise humeur et que je vais me refaire devant un vrai film.

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