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Avis sur Cinquante nuances plus claires

Avatar Romain Bouvet
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Cinquante Nuances de Grey ! Ou le supplice masculin absolu pour tout homme amoureux voulant faire plaisir à sa femme. En y réfléchissant il y a déjà quelque chose de sado-maso dans cette démarche… Histoire de se mettre dans le bain, avant même que le film ne commence…

Néanmoins, si je ne suis absolument pas adepte du film (les pratiques je n’ai jamais essayé, alors je ne critique pas…), que je ne suis clairement pas la cible (et heureusement, ou je devrais faire un sacré travail d’introspection), je dois bien avouer que Cinquante Nuances plus Sombres, à défaut d’être le film le plus chiant du monde, m’avait laissé entrevoir, espérer, un possible intérêt pour la suite. Un intérêt qui se nomme Jack Hyde (Eric Johnson), le seul personnage, à peu près intéressant dans ces films…

Le charismatique Christian (Jamie Dornan) et la passionnante Anastasia (Dakota Johnson) ont fini par se marier (quelle surprise !!) ! Alors qu’ils sont en lune de miel, un peu partout dans le monde, histoire de nous faire un peu plus comprendre que les billets verts, dans la famille Grey, sortent des robinets, le jeune couple de mariés doivent rentrer au plus tôt à Seattle. En effet, le siège social de Christian a été vandalisé, des fichiers informatiques ont été volé, par Jack Hyde !

Diable ! Voilà une intensité dramatique que l’on n’attendait pas entre deux coups de martinets et une séance de bondage ! Aussitôt, Christian, qui n’est pourtant pas quelqu’un de possessif et intransigeant, présente l’équipe de sécurité qui va suivre Ana, partout, tout le temps ! Bien entendu, Ana dit non, mais comme Christian dit oui, ben c’est oui… Mais pour faire passer la pilule, Christian offre à Ana une ravissante et énorme maison, perdue dans la forêt, au bord d’un lac. (On serait dans un film normal, on se dirait qu’il pourrait s’y passer beaucoup de choses, mais on est pas dans un film normal, il ne s’y passera donc rien… On en revient juste aux billets verts et le robinet…)

On retiendra cette formidable scène, où Gia Matteao (Arielle Kebbel) l’architecte engagée par Christian pour, en gros, démolir cette superbe maison pour en faire un truc high tech, se prend un non (et un vrai !) de la part d’Ana, devant Christian, puis un autre non (toujours un vrai) pour lui expliquer qu’elle n’a pas intérêt à reflirter avec son mari. Les scénaristes ont du se dire que ce serait bien qu’Ana ne soit pas totalement soumise à tout le monde (surtout avec le scandale #metoo…). On se retrouve du coup avec une scène tellement crédible et intense, que j’en ai versé ma petite larme ! Ou alors je baillais…

Comme dans les autres films, à intervalle régulier, Christian doit s’absenter, histoire de faire croire qu’il travaille (et ne passe pas son temps à faire son gros macho charismatique et à attacher sa douce Ana), histoire de donner un semblant de début de commencement d’intensité. (On se souvient ce dramatique et palpitant accident d’hélicoptère dans le second opus…). C’est à ce moment-là, que Jack Hyde revient faire parler de lui, et vient agresser Ana, chez elle, dans le loft de Christian, en présence des gardes du corps ! Et hop, alors qu’on aurait pu y croire, il en est terminé de cet éventuel petit intérêt, lorsque que Jack est envoyé en prison… On y a cru ! On espérait un film palpitant, plein de rebondissements, avec un méchant, vraiment méchant, tuant Ana pour se venger (et nous libérer) et engageant une course poursuite de dingue entre lui et Christian, opposant sa rage à celle de Christian, opposant son ingéniosité à l’argent de Christian. Mais non, une petite agression de rien du tout, et tous mes espoirs sont balayés aussi simplement que l’on frappe les fesses d’Ana avec un martinet…

On retombe alors dans un film où on alterne entre Christian Grey qui se déshabille, fessés, Christian Grey qui se déshabille, disputes, jeux sexuels absolument pas érotique ou excitant, Christian Grey qui se déshabille. Ne parlons pas de ce week-end entre amis qui nous plonge en plein souvenir « Premiers Baisers » ! On est tombé encore plus bas que je ne le pensais… (Bon je suis mauvaise langue, mais avouons qu’on a peut-être la seule scène érotique à l’être vraiment sur toute la trilogie, dans ce chalet.)

Le film avance (on en est déjà à cinq ou six heures du film) quand intervient soudainement, de façon totalement inattendu, le truc le plus invraisemblable qui soit, (j’en suis encore bouche bée), Ana est enceinte ! Bien entendu Christian ne veut pas de l’enfant ! (Quelle idée, nous pourrions nous retrouver avec un film traitant d’un couple normal, comme vous et moi). La grosse dispute éclate, une vraie de vraie, avec des reproches et des piques des deux côtés, et surtout une Ana qui ne se laisse pas faire (là, on se croirait dans un couple normal).

A partir de ce moment, les choses s’enchaînent, on frôle la séparation ! On risque de ne plus avoir de fessée et d’Ana attachée au lit. Les demoiselles dans la salle de cinéma étaient en état de stress !! On risque de ne plus voir Christian à poil !!

Malheureusement, pas le temps pour une belle scène de réconciliation, non, loin de là. Mia est kidnappée ! Christian et Ana vont alors se retrouver embarqués dans un engrenage qui pourrait les séparer définitivement ! Et l’on se demande encore (nan ! Je rigole…) qui peut se cacher derrière ce terrible et ultime méchant !…

Le film se termine de façon totalement surprenante ! Suite à la mort de Mia, Ana souffrant du syndrome de Stockholm, s’échappe avec le beau Jack. Christian sombre dans une dépression, dilapide la totalité de sa fortune et part devenir bûcheron au Canada. Là-bas, il rencontre un homme au passé trouble, un certain Dexter… De leur rencontre, il ne restera qu’une mort violente et sanglante, replongeant ce dernier dans une folie meurtrière qu’il avait juré d’abandonner. De leur côté, Ana et Jack, vivent heureux, avec leurs cinq enfants, un labrador, deux tortues et une poule dans un joli pavillon avec jardin dans la proche banlieue berlinoise.

Non, bien entendu, je rigole, le grand final est bien moins surprenant, bien moins attrayant mais complètement cliché. Franchement, lorsque le premier film à commencé, et que ces deux personnages (qui resteront dans les anal du cinéma) se sont vus pour la première fois, on ne s’attendait pas du tout, mais vraiment pas, à ce que cela finisse de la sorte.

En résumé, quand on se pose cinq minutes sur cette trilogie pour réfléchir, pour analyser un petit peu ce que l’on vient de voir. On se rend compte, quand même, qu’en gros, il ne se passe absolument rien. Il aura fallu tout le premier film pour qu’Anastasia comprenne qu’elle n’aime pas les fessées, dans le second opus elle passe son temps à retirer sa culotte, et on se retrouve avec un happy end totalement mielleux auquel on ne s’attendait pas.

J’ai un peu l’impression que l’on nous vend ce film, cette trilogie, comme étant une série érotique, mais que cela n’est absolument pas assumé. Alors je conçois qu’il est compliqué d’aller trop loin dans l’érotisme, le sexy et le sado-maso, surtout pour les acteurs, et également pour ne pas être catalogué comme film pornographique, mais dans ce cas là on adapte un autre bouquin.

Et c’est justement, à mon avis parce que le sujet est un peu hot et tendancieux que l’on se retrouve avec un casting aussi merdique et insipide. Parce qu’on a beau me dire que Jamie Dornan est sexy qu’il donne chaud et patati et patata, il n’en reste pas moins un mauvais acteur qui ne transmet pas la moindre émotion. Même lorsqu’il est en colère ce n’est pas crédible. Ne parlons pas de Dakota Johnson, on dirait une pauvre huître arrachée à son rocher et qui n’a pas le moindre sex-appeal, ce qui est un comble pour un film érotique…

Bref, d’entrée je n’étais pas la cible de cette trilogie, mais à force de courage et d’abnégation je suis venue à bout de ces quarante-sept heures de film, espérant sans cesse qu’il ne se passe quelque chose. Malheureusement on se retrouve avec un film non assumé, une intrigue plus mielleuse que sexy, servie par des acteurs mauvais au possible. Tout n’est pas à jeter, j’ai beaucoup aimé l’actrice Rita Ora (Mia Grey) que je ne connaissais pas, je suis convaincu qu’Eric Johnson peut se débarrasser de sa présence à ce casting pour rebondir sur autre chose, et j’ai adoré les musiques. Pour le reste… c’est déjà oublié...

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