De la préparation d'une bombe à retardement.

Avis sur Citizenfour

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Revenant sur les révélations d'Edward Snowden sur le fait que la NSA surveillerait les données de tous les citoyens américains, le documentaire de Laura Poitras est en cela captivant qu'il ressemble à une histoire d'espionnage à la John Le Carré (ce que fait remarquer Snowden d'ailleurs) sauf qu'elle se déroule dans notre monde, à notre époque.

Tout commence pour la réalisatrice par de mystérieux mails d'un dénommé CITIZENFOUR qui affirme détenir des informations hautement confidentielles sur la sécurité américaine. Après diverses tractations rocambolesques, Laura Poitras, accompagnée de deux journalistes, dont un du Guardian, va rencontrer Snowden, planqué dans un hôtel à Hong Kong.
Les rencontres avec Snowden montrent quelqu'un qui en apparence a l'air d'être léger, mais très sûr de lui et de la déflagration de ses futures annonces, mais aussi qui vit dans la terreur permanente de se faire attraper par la justice américaine. Ainsi, il se met un peu à flipper lorsque le téléphone de son hôtel se met à sonner, mais pire que tout, lorsque l'alarme à incendie se met à sonner dans le bâtiment, alors qu'il ne s'agit que d'un test. Ces quelques secondes suffisent à mettre Snowden et le spectateur dans une sorte de panique, en se demandant si il y a une machination en cours. Le jeune homme doit même se cacher entièrement avec une couverture pour utiliser son ordinateur quand il tape ses mots de passe !

D'ailleurs, on le voit préparer son allocution sur Internet, en présence des trois témoins, le tout sans qu'il ne quitte jamais sa chambre d'hôtel et comme seuls liens avec le monde une télévision et un ordinateur ultra-sécurisé, de peur qu'on remonte sa trace. Le reste est assez sidérant, et qu'on a vu en 2013 ; Barack Obama déclarant que Snowden n'est pas un patriote, le pédalage des autorités américaines, la colère des pays étrangers, et un Julian Assange qui jubile presque de sa prison dorée équatorienne.

Je ne suis pas spécialement informé dans la politique pour juger de son action, mais en tant que documentaire, c'est absolument captivant à suivre, car il y a un vrai suspens qui s'en dégage.
Après, il est dommage que l'on perde la trace de Snowden, qui fuira à ce moment-là en Russie, où il bénéficiera d'une permission de rester un an dans le pays (trois ans de plus depuis), mais il est clairement un homme traqué et en fuite, dont sa copine ira le rejoindre, et qu'on voit tous les deux filmés de loin à la fin du film. Les lourdes cernes de Snowden ne trompent pas ; sa vie ne doit pas être facile, au nom de son combat pour la liberté.

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