Oui mais euh moi j'ai aimé en fait…

Avis sur Coco

Avatar Eowyn Cwper
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Les comédies françaises, je ne les verrais jamais une seconde fois par plaisir, mais un seul visionnage me comble quand même parfois. J'admets que ce sont sans doute des concavités bien frustes qui sont ainsi colmatées pour que des films tel Coco en viennent à constituer (presque trop facilement) des plaisirs coupables. Est-ce que leur fiasco vient de ce qu'ils sont alors des objets jetables, pur produit de consommation lynché par les fines bouches que les masses imitent ensuite ?

Des questions auxquelles l'opinion publique m'accule, car oui : j'ai aimé Coco. Ma chronique étant partie comme une réflexion, je vais la poursuivre comme telle, histoire peut-être de venir en aide à ceux qu'on moque pour leur affection d'un Gad Elmaleh qui se prend pour Gatsby.

Rassurez-vous, il a bien un truc : ça consiste à trop en faire, mais exactement dans les mêmes proportions partout : s'improvisant acteur total, étalant son personnage partout comme son personnage étale l'argent, il en rajoute jusqu'à calfeutrer la moindre brèche dans une débauche qui a le mérite d'être homogène. Le sien n'est pas d'avoir eu l'idée ni la créativité mais les moyens et l'ambition de les faire naître : son fantasme de la richesse est savoureux, riche, palpitant, même si son œuvre est juste ça.

En fait, il n'y manque essentiellement que la drogue, qui aurait endommagé néanmoins la vision franchouillarde du rêve américain : Elmaleh gesticule sous le nez des blockbusters en sachant très bien qu'il est ridicule, et c'est cela qui est drôle, mais en même temps il ne tombe jamais dans le piège de la parodie. Peuplé de jeux de mots, son film nous fait attendre le prochain gag à chaque fois, et c'est finalement là toute la magie de la comédie : que l'amusement l'emporte sur les considérations qualitatives. Coco n'est pas de celles qui le font de travers en misant avec fainéantise sur le fait que chacun rira au moins une fois.

À contrecourant donc de l'opinion générale, je me fais malgré moi l'avocat du diable en décrétant que Coco n'a pas de défauts : l'excès ? Il a un usage. Le ridicule ? Il est assumé, et ne cherche que rarement à en rejeter la faute sur le spectateur par le grotesque ; il y a une forme de complicité. Le cliché ? Pourquoi, vous étiez venus pour autre chose ?

Quantième Art

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