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Coco pourrait très bien marquer un tournant dans l'histoire de Pixar. Jusqu'à présent, le studio de Luxo Jr. s'était toujours spécialisé dans les œuvres contemporaines au regard porté sur l'avenir et au sentiment de mélancolie, les quelques veines tentatives pour sortir de son retranchement (Rebelle, Le Voyage d'Arlo) n'ont pas obtenu les résultats espérés et semblaient cloisonner John Lasseter dans sa zone de sécurité pour un long moment.

Puis vient Lee Unkrich qui, après le succès colossal de son magnifique Toy Story 3, propose la mise en chantier d'un long-métrage ayant pour thème El Dia de los Muertos, fête mexicaine commémorant sous forme festive l'esprit des morts. Après 7 années de recherche intensive et de développement, l'un des piliers du studio peut enfin présenter aux côtés d'Adrian Molina son nouveau bébé.

On l'aura compris, Coco est assez éloigné du cadre habituel de Pixar, plaçant son intrigue dans un Mexique très traditionnel à la technologie peu avancée. Tout l'enjeu est même de se plonger dans le passé d'un peuple, de découvrir ses coutumes, ses célébrations et son folklore. Et pourtant, toutes les thématiques du studio se retrouvent dans le récit avec son besoin de s'ouvrir à l'ancienneté et de préserver ce qui a été jadis acquis.

L'hommage rendu à l'imaginaire latino-américain est formidable. Il faudra plus d'un visionnage pour percevoir tous les détails cachés dans chaque plan. L'imagerie est d'une beauté sidérante et c'est un euphémisme de le dire. Le Pays des Ancêtres regorge de couleurs et de vie, logeant plus de défunts qu'il ne peut en contenir et les mélangeant aux créatures issues des légendes locales. Visuellement, les animateurs ont encore franchi un pas de géant.

Pourtant, la trame, on ne peut plus classique, met un peu de temps à décoller. La première partie est frustrante car peine à se poser. Tout va trop vite, ça hurle dans tous les sens, on ne nous laisse que trop rarement le temps d'apprécier ce que l'on regarde, un peu comme Le Monde de Dory l'avait fait l'an passé. Mais tout change à partir d'une superbe scène informant de ce que le film va réellement raconter sur l'importance des souvenirs. Dès ce moment, Coco gagne en intensité à chaque minute.

Il a beau abuser de grosses ficelles scénaristiques (toute l'attente avant de retrouver Ernesto de la Cruz est révélatrice de vers où la morale va se diriger) et de certaines limites (on repassera sur l'utilité de Dante), les révélations s'enchaînent sans gratuité dans le seul but d'approfondir chaque arc lancé, les personnages prennent une toute autre dimension, ils s'épaississent, ils nous font prendre conscience de la fatalité que sont la mort et l'oubli (on saluera l'audace de Pixar d'utiliser pour la première fois dans l'animation la maladie d'Alzheimer) jusqu'à un climax chargé d'émotion. Une fin magistrale dans la lignée de ce que Vice-Versa avait accompli en 2015.

Mais là où Coco détonne le plus c'est dans son ambiance sonore. Généralement peu à l'aise avec tout ce qui touche aux chansons, les Studios Pixar ont décidé de faire de la musique l'élément-clé de leur histoire. S'il n'est pas une comédie musicale, Coco laisse les personnages pousser régulièrement la chansonnette lors de spectacles ou de scènes nécessitant l'apport de mélodies. Plusieurs artistes ont ainsi collaboré pour la bande-originale, Michael Giacchino pour la partie instrumentale retranscrivant bien la culture musicale du pays, Germaine Franco, Adrian Molina et le couple Robert Lopez/Kristen Anderson Lopez pour les chansons. Celles-ci sont entraînantes à souhait et améliorent les plus beaux instants du métrage comme l'entêtante et significative Remember Me.

Le temps nous dira si Coco rejoindra le panthéon des plus grands Pixar. Il n'est pas le plus subtil ou le plus original mais ses sentiments sont incroyablement justes et on ne peut passer à côté de la réalité de son message qui, à coup sûr, saura émouvoir bien des enfants et des adultes pendant longtemps. Un film fort, évocateur et transgénérationnel.

Coco
Walter-Mouse
9
Coco

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