Discrètement activiste

Avis sur Cœur de tonnerre

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Mêlant le FBI, un secret d'état et les réserves amérindiennes, Thunderheart part d'une histoire qui marche toute seule, préformatée pour le divertissement. C'est du moins ce qu'on se dit quand on ne regarde pas plus loin que le charisme de Val Kilmer et la bonne idée de mettre plein de Native Americans dans le casting (leurs noms traditionnels rendent le générique très joli).

En réalité, le film est issu d'un purisme discret. Écrit par John Fusco sur la base de près de cinq ans de cohabitation avec le peuple Lakota, produit par Robert DeNiro dans une volonté activiste, et adapté du documentaire d'Apted sur le même sujet (que Robert Redford, lui-même promoteur de la cause indienne, avait soutenu), Thunderheart ne laisse pas voir qu'il a plus que bon fond. L'histoire vraie est invisibilisée par l'écriture de fiction, et même la complicité entre les aborigènes et ces grandes figures du cinéma à l'écran est discrète – le spectateur verra avant tout le récit identitaire centré sur Kilmer et l'antagoniste intraitable campé par Shepard.

C'est au travers de ces processus que Cœur de tonnerre, plus qu'un bon sujet, devient un bon film. Et cette volonté de remplacer le premier par le second est sûrement ce que le film a de plus étonnant, et au final de plus militant. Ça en fait une œuvre accessible et impactante sur un sujet sensible.

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