Les Hommes d'affaires des 80's avaient rendu le Super Vilain Mégalomane de cinéma obsolète...

Avis sur Cogan : Killing Them Softly

Avatar Robert Johnson
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..., Le liberalisme économique du 21e siècle a eu la peau du Gangster.

Non mais qu'est-ce que vous avez tous à chier sur ce film? L'image misérabiliste et crépusculaire qu'il donne des gangsters n'est pas assez tape-à-l'oeil? Ne blâmez pas Andrew Dominik pour ça, c'est le capitalisme qui les a tué. La présence dans le film de Ray Liotta et James Gandolfini ne laisse planer aucun doute: Voici ce qui reste d'Henry Hill et de Tony Soprano dans l'Amérique de Bush. De tristes sires pathétiques, déchus de leur trône.
Mais ce ne sont pas eux les gangsters de ce film de gangsters. Les vrais gangsters du film n'apparaissent jamais à l'écran(comme dans le monde réel) mais le film nous laisse facilement imaginer à quoi ils ressemblent. Ceux-ci portent désormais des costards ou des petits pulls décontract'. Ils ne savent absolument rien faire, n'ont d'autre objectif dans la vie que d'engranger les dividendes et n'ont plus besoin d'exécuter les génants, la Misère s'en occupera pour eux. Mais quand c'est le cas, comme dans le film, ils sont tellement péteux qu'ils délèguent ce genre de choses à leurs avocats(Richard Jenkins, toujours nickel)

Ce qui m'a énormément frappé, c'est de voir que l'incompétence totale de tous les personnages à faire quoi que ce soit(y compris à être humain) donne une certaine noblesse au personnage de tueur à gages cynique joué par Brad Pitt. Il apparaît comme un artisan consciencieux nageant dans un flot de médiocrité, constamment obligé qu'il est d'expliquer TOUT à TOUT LE MONDE. Le seul personnage à avoir encore des principes et à estimer la valeur d'un pourboire.

Sinon, je n'avais pas entendu un travail sur le son aussi élaboré depuis le "Punch Drunk Love" de PT Anderson.
Et les scènes d'action sont visuellement époustouflantes.

Le GROS PROBLEME du film, celui qui l'empêche de devenir le chef d'oeuvre qu'il aurait dù être, c'est son rythme dans certaines scènes de dialogues. Le réal veut tellement appuyer la misère affective de ses persos(en particulier celui de James Gandolfini) qu'il en oublie souvent de resserrer ses scènes et PUTAIN CE QU'ON SE FAIT CHIER PAR MOMENT!C'est EXASPERANT! Voilà, je l'ai dit.

Malgré ça, ne passez pas à côté de ce film. C'est peut-être le dernier de son genre. Les gangsters de cinéma appartiendront désormais à un passé révolu (Les Hommes de l'Ombre) ou à un futur hypothétique (Looper).

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