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Tout expliquer. Tout surligner. Aurait-on oublié que le cinéma est (aussi) l'art de la suggestion ? Cold War, à l'opposé de la majeure partie des films d'aujourd'hui, est écrit sous forme d'épure, un récit construit autour d'ellipses qui se concentre sur une histoire d'amour qui court sur 15 ans entre la Pologne et Paris en passant par la Yougoslavie et Berlin. La chaleur d'une passion vouée à la tragédie au temps de la guerre froide. Un exercice de style qui adopte une certaine distance, raccourcit les dialogues, préfère les intermèdes musicaux (somptueux) aux longs discours. Autant dire que Pawel Pawlikowski fait appel à l'intelligence et à la sensibilité du spectateur pour combler les vides ou, plus exactement, pour rédiger sa propre intrigue qui différera selon sa connaissance de la période de part et d'autre du rideau de fer. Presque drame musical, Cold War est aussi très proche des mélodrames muets du merveilleux Frank Borzage, avec ses amants maudits. Chef d'oeuvre esthétique et de mise en scène, le film propose un vrai pari narratif, déconcertant et cadencé, dont la froideur apparente cache une grande pudeur. Héroïne sublime et poignante, Joanna Kulig s'impose par un jeu subtil et intense. Au niveau d'une Nina Hoss dans Phoenix de Christian Petzold.

6nezfil
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