COLOR OUT OF SPACE | Critique d'ailleurs

Avis sur Color Out of Space

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Retour au long-métrage pour Richard Stanley (Le Souffle du démon remontant quand même à 1992) avec un projet plutôt ambitieux : l'adaptation de La Couleur tombée du ciel, nouvelle de Howard Phillips Lovecraft publiée en 1927. On sait Stanley grand amateur des écrits de Lovecraft, pour autant, retranscrire en images les horreurs innommables qui hantent ses récits n'est pas une mince affaire. Si les adaptations cinématographiques d'œuvres littéraires relèvent souvent d'une certaine paresse, s'attaquer au maître de Providence demeure un pari assez osé. La seule facilité que s'autorise Stanley, c'est d'avoir choisi cette nouvelle plutôt qu'une autre : compte tenu du budget rachitique, le choix de concentrer l'action dans un seul lieu et autour d'une poignée de personnages seulement fait sens. Pour limiter également les frais de décors et de costumes, l'histoire est transposée à notre époque. Après Mandy de Panos Cosmatos (réalisateur de l'excellent Beyond the black rainbow), la société de production Spectrevision s'offre de nouveau les services de l'iconoclaste Nicolas Cage pour tenir le rôle principal.

Si le projet et les premières images amenaient à faire preuve d'une certaine prudence, difficile de ne pas se réjouir de retrouver l'univers de Lovecraft sur grand écran. Pour l'inconcevable couleur, le choix est fait d'opter pour une teinte se situant entre les infrarouges et les ultraviolets. Il faut bien reconnaître que dans un environnement globalement sombre, le rendu s'avère des plus efficaces. D'autant qu'il s'accompagne d'effets sonores qui ne ménagent pas non plus le spectateur (la bande-originale de Colin Stetson participant d'ailleurs beaucoup à l'ambiance inquiétante du film). L'étrangeté dont se pare l'environnement (on pense à Annihilation) et la folie qui gangrène progressivement les membres de la famille Gardner nous entraîne en plein trip sous hallucinogènes parsemé de body horror (bonjour The Thing). Même si la faiblesse du budget se fait ressentir sur certains plans, impossible de bouder son plaisir. D'autant que Stanley ne semble se priver de rien pour partager la vision, plutôt sans concession, de Lovecraft.

Le film ayant connu un petit succès d'estime en festivals, la possibilité d'un univers partagé est d'ors et déjà évoqué. Deux autres long-métrages pourraient donc voir le jour, le second étant l'adaptation de la nouvelle L'Abomination de Dunwich. A suivre...

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