La mélodie du bonheur

Avis sur Comancheria

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Dans une Amérique profonde en pleine dépression, quatre héros illustrent la lutte des classes.

Deux rangers traquent des braqueurs de banque. L'un est comanche et observe avec amertume ce qu'est devenue la prairie ou chassait ses ancêtres: d'interminables routes droites où poussent de tristes agglomérations à chaque carrefour. L'herbe est rare et sèche et peut s'embraser au moindre mégot jeté d'une voiture, chassant les derniers cowboys et leurs maigres troupeaux. Cette terre qui a été volée aux comanches est aujourd'hui volée aux cowboys par les banques.
Il n'est pas très motivé pour défendre leurs intérêts.

L'autre ranger est un vieux qui approche de la retraite. Il préfèrerait mourir en service que de perdre le peu de pouvoir qui le place au-dessus des misérables habitants. En attendant, sous prétexte de pousser son adjoint à réagir, il exerce sur lui son autorité jusqu'à l'humiliation.

Deux frères au chômage sont en train de perdre le ranch de leur mère. L'ainé n'a ni femme, ni enfant. Il ne possède rien et n'a aucun espoir. N'ayant rien à perdre ni rien à gagner, il est libre sans limite. Rien ne peut le contraindre.

L'autre, a deux enfants. Il a conscience d'une limite invisible entre les classes sociales. Ceux qui sont comme lui sous la ligne sont soumis aux lois et exploitables à merci. Ceux qui sont au-dessus sont intouchables. Dans les deux cas, la situation est héréditaire. Il est prêt à tout sacrifier pour placer ses enfants au-dessus de cette ligne.

David McKenzie nous fous la gueule dans la poussière, nous crame au soleil. Il nous fait respirer la sueur et la misère, nous fait gouter le sang et le désespoir.
On pense bien sur à Steinbeck, mais aussi à "Un monde parfait" de Clint Eastwood. Probablement exagère-t-il (il faut l'espérer), animé par des convictions politiques, mais ces gens ont tout de même voté pour Donald Trump qui promettait de les soulager du poids des multinationales.
De toutes façons, tout est possible dans ces contrées (les USA).

En tous cas, si vous souhaitez visiter le pays des comanches, il vous faudra vous débrouiller par vous-mêmes, le Club Med n'a pas installé de village là-bas, ni personne, ni aucune infrastructure touristique.
On se demande bien pourquoi.

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