Go as you were

Avis sur Come As You Are

Avatar Philopathe
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Film visionné à l'occasion de la Cinexpérience #110. Quand je comprends que le film que nous allons voir est "Come As You Are", je ne me sens plus de joie !
J'avais justement très envie de voir ce film, adaptation d'un roman dont le sujet m'intéresse beaucoup, et c'est donc enthousiaste que je découvre les premières minutes.

Ça décolle très vite avec deux amoureuses qui se font surprendre, et l'une d'entre elles, Cameron (Chloé Grace Morretz) qui est envoyée dans un centre de réhabilitation.

Mais voilà, passée son arrivée au centre et la présentation des personnages qui l'entourent...
On attend un climax qui ne vient pas, les personnages ne sont pas approfondis, si bien qu'on ne s'y attache pas vraiment... Quant à Cameron, qui est notre héroïne, elle est peu démonstrative aussi bien envers les autres personnages qu'envers le spectateur...

Pourtant, on a certains moments forts, d'autres touchants, qui pourraient vraiment nous amener quelque part... Non, on ne s'ennuie pas, mais on attend... en vain...

Lors de l'entretien avec la réalisatrice, qui suit le film, on lui demande si elle a pu ou non s'inspirer de "But I'm a cheerleader", film au synopsis assez similaire : dans les années 90, l'histoire d'une lesbienne envoyée par sa famille en centre de réhabilitation, qui y tisse des liens d'amitiés avec ses "co-détenus" et s'enfuit avec eux à l'arrière d'une camionnette. La réalisatrice affirme que, si elle connaît bien ce film, elle ne s'en est pas du tout servi pour sa réalisation... On dira donc que les similarités sont fortuites.

Bien sûr, le ton de "But I'm a cheerleader" est bien différent : il s'agit d'une comédie. Mais je trouve que ce dernier film nous parle beaucoup mieux des centres de réhabilitation, en parlant avec humour de sujets graves, là où "Come As You Are", en voulant au contraire rester grave (voire inquiétant) avec quelques touches d'humour, survole un peu son sujet.

De plus, la réalisatrice nous explique plus ou moins qu'elle n'a pas choisi Chloë Grace Morretz (qu'elle qualifie de "studio darling") pour incarner l'héroïne, mais qu'il s'est plutôt agi d'un concours de circonstances, avec l'agent de Chloë G.M. qui cherchait un rôle pour changer un peu l'image de l'actrice... Desiree Akhavan n'a pour ainsi dire pas l'air vraiment emballée par son actrice star... Ce qui, je trouve, se ressent un peu dans film, malgré une Chloë G.M. très talentueuse.

Enfin, "Come As You Are" est l'adaptation d'un roman... Mais en vérité l'adaptation des 200 dernières pages de cet ouvrage de 700 pages...
Je pense que cela explique le sentiment de "manque" qu'on a devant ce film... Car la majeure partie de l'histoire de notre héroïne a été effacée du tableau. On a donc un récit incomplet, et on reste sur notre faim.

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