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Comme des frères

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Boris, Elie et Maxime sont d’inséparables copains que rien, ni l’âge, ni les occupations, ni le mode de vie n'aurait dû rapprocher si ce n’était Charlie, une fille qu’ils ont connue à un titre ou à un autre et qui est le ciment de leur amitié. A vrai dire, Charlie est un peu plus que cela pour Boris avec qui elle a eu une aventure dont il ne se remet pas. On ne sait pas ce qu’elle a été pour Elie, maintenant en couple avec Jeanne (Cécile Cassel) dont il attend un enfant, mais on se doute que leurs relations n'ont pas été totalement platoniques. Quant à Maxime, 20 ans, le plus jeune de la bande, il est fiancé à Cassandre, une fille de son âge et on ne sait pas trop comment il a connu Charlie.

Le film commence lors des funérailles de Charlie qui vient de mourir d’un cancer. Boris, Elie et Maxime se retrouvent à son enterrement où on leur remet une photo d’une maison en Corse où ils avaient prévu d’aller ensemble. Derrière la photo, une inscription de la main de Charlie leur demande de s’y rendre sans elle. Les trois potes, emmenant les cendres de Charlie dans un ridicule sac à dos-peluche qu’ils lui avaient offert, partent dans la voiture de Boris pour la Corse.

A partir de là, le film est fait de flashes-back et on remonte le temps de quelques heures, de quelques jours, de quelques mois ou de quelques années, chaque moment nous apprenant pourquoi ces trois hommes que tout sépare avaient pour Charlie un amour si singulier.

On assiste alors à un road-movie où les scènes comiques le disputent aux scènes d’émotion : le spectateur passe les 1.44 H que dure le film entre rire et larmes, attendri par la difficulté de communiquer que montre Boris, le cynisme surjoué d’Elie, l'émotion qu'il ressent devant la naïveté et la fragilité de Maxime…
On a du mal à croire qu’il s’agisse d’un premier film tant la mise en scène est maîtrisée, le rythme soutenu, les dialogues percutants et drôles… Ce film est une belle réussite du cinéma français, une alchimie étonnante qui donne une histoire attachante, au résultat magique.

Musique

La bande originale, écrite par Revolver, forme un contrepoint intimiste particulièrement bien choisi à l'ambiance douce-amère du film.

Casting

J’avais repéré Pierre Niney dans « J’aime regarder les filles » et « Les neiges du Kilimandjaro » où on son talent apparaissait déjà clairement alors qu'il n'avait qu'un rôle minuscule (celui d'un serveur de bar). Dans ce film, il est Maxime, fragile, immature, maladroit… Nicolas Duvauchelle abandonne avec bonheur ses allures de mauvais garçons. Quant à François-Xavier Demaison, en ours mal-léché, il est parfait. Reste Mélanie Thierry dans celui de Charlie : les flashes-back nous permettent de la découvrir lorsqu’on lui annonce la gravité de sa maladie, qu’elle décide d’affronter seule, avec courage, sauf quelques rares moments de faiblesse. Le cinéaste nous la montre toujours pleine de vie et de joie de vivre. C’est une des grandes qualités de ce film dont le sujet est la mort d’un être aimé, qui a été enlevé à ses amis en pleine beauté, en pleine jeunesse, mais dont on se souviendra éternellement jeune et lumineuse. Un grand salut enfin à Micheline Presle, qui apparaît en guest-star dans le rôle de la grand-mère d'Elie, toujours élégante et distinguée.

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