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A un moment je vais parler de l'engagement féministe de Conan

Avis sur Conan

Avatar julienl
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J'ai mis un 4. Mais c'est un bon 4. Je m'explique. C'est vrai que j'ai tendance à bien aimer l'Heroic Fantasy: ça me rappelle les années passées à jouer à D&D. C'est vrai aussi que j'ai bien aimé le premier Conan. J'ai donc quelques dispositions bienveillantes envers ce film. Quand même pas au point de dire que c'est bien, mais tout même que tout n'est pas à jeter.

Passons sur la 3D, qui n'apporte rien au film, comme elle n'apporte, selon moi, à aucun film au cinéma (j'ai pas encore vu chez les particuliers, mais il y a fort à parier que cela rende le même effet tout nul). Passons également sur la première scène. Conseil: ne fuyez pas après les 10 premières minutes! Vous aurez passé le pire (ou presque). En effet, nous allons toucher, à ce moment, au comble du ridicule. Je ne le révèle pas, des fois que certains aimeraient être surpris, même si je préviens qu'il y a plus de chance d'en rire que d'en pleurer.

Voilà. La scène d'ouverture est passée. Vous avez toutes les chances d'être atterrés. Vous pouvez vous laisser porter maintenant par la formation du petit Conan, qui est franchement pas trop mal faite. On ne va pas se le cacher, il ne fait pas de brillantes études à l'université et ne devient pas docteur en rhétorique: ça se bat, ça tue, ça saigne. Mais bon, on est venus voir Conan, pas Bamby. S'en suit donc un enchaînement de scènes de combat, pas trop mal faites non plus, il faut bien l'avouer. Le tout rythmé par d'incessants AAAAAAAAHHHHHH, OOOOOOOOOOOOOORRRRRRRRRRR, ou encore de EEEEEEEEEEEEHHHHHHHH bien placés. Oui, car ça crie beaucoup. Un peu trop. S'en est même carrément omniprésent. Sans doute une raison économique, afin d'économiser le budget doublage. Parce que le budget bataille a dû crever tous les records: il y en a tout le temps. Un mort à la minute environ sur les deux heures. L'occasion de constater que ces gens, tous barbares qu'ils sont, semblent avoir trouvé une solution efficace pour réduire l'intense pression démographique qui semble régner en ces contrées lointaines et terrifiantes.

Conan, lui survit. Alors parlons de lui. Bien sûr, l'obscure Jason Momoa (il a joué dans quelques séries) n'est pas Arnold Schwarzenegger. Loin de là. On se demande même, quand il apparaît la première fois, si le projectionniste ne s'est pas planté de bande pour nous projeter "Plus belle la vie" ou "Sous le soleil" tant il a une tête de BG qui ne colle pas avec Conan. Mais un BG méchant. Quand même. Alors comme la note, on va être indulgent, car il ne s'en sort pas si mal après tout. Et puis sa quête (on ne sait pas trop ce que c'est, mais lui, il y croit à fond, alors c'est le principal) est quand pas mal menée dans ce monde un peu bizarre. Ça ressemble beaucoup au "Seigneur des anneaux" niveau géographie et paysage, pour vous donner une idée. Et là aussi, ce n'est pas trop mal. C'est joli. Niveau décors, il faut également souligner que l'on n'est pas du tout dans le carton-pâte, ce qui était un gros piège dans lequel ce genre de film aurait normalement dû tomber. Un bon point.

Ce film, c'est également l'occasion d'évoquer le droit des femmes. Parfaitement. On ignore souvent que la lutte de Conan est avant tout celle des revendications féministes et que... Ahah, vous y avez cru, hein ? Non ? Bon. Franchement c'est le retour à l'âge des cavernes. D'ailleurs, ce qui est assez pratique, c'est que les femmes, on les appelle "femme", justement. Comme si elle avaient toutes le même prénom. "Femme, viens-là", "femme, tu m'appartiens", "femme passe-moi le sel". Et au final, ça vaut mieux, car lorsqu'on apprend le prénom de l'héroïne (à un moment, Conan se plante et ne dit pas "femme"), on est un peu déçu. Tamara. Moi ça me fait immédiatement penser au tarama, et donc du coup à l'apéro, et ça détourne du film. Pas cool. Sinon, les autres femmes, en général, sont seins nus, et ça, à titre personnel, je trouve cela pas trop mal.

Alors évidemment, comme le disait quelqu'un d'autre, c'est un nanard. Les méchants sont trop caricaturaux. Les dialogues sortent rarement du "Je vais te tuer", "non c'est moi qui vais te tuer", "je ne te laisserai pas ce plaisir", "je l'ai dit en premier, je passe d'abord". Les scènes finales, où l'intensité est sensée monter, sont loupées, comparées aux précédentes. Mais c'est un nanard rafraîchissant, là où d'autres peuvent être prétentieux et faire moins bien (ex: "La planète des singes: les origines)

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