Et si tu ne veux pas m'entendre... que les démons t'emportent !

Avis sur Conan le Barbare

Avatar Amandinala
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- Si cette critique est si personnelle, ou vous semble trop subjective, c'est parce que j'ai voulu retranscrire les sentiments, les émotions que je ressens quand je regarde ce film, et c'est donc totalement voulu. Pas très professionnel, mais je ne prétends pas l'être, et c'est ce que j'ai sur le coeur -

S'il y a des œuvres qui sont sans intérêt, où d'autres qui seront oubliées une fois passé le générique de fin, il y en a d'autres qui percent votre âme, vous prennent aux tripes et vous marqueront sans doute jusqu'à la fin de votre vie. Pour paraphraser Frodo, il y a des choses que le temps ne peut effacer, des blessures si puissantes qu'elles se sont emparées de vous. Conan est une blessure. J'ai eu un avant et un après Conan, et quoiqu'en disent les jeunes de ma génération, aveuglés par la 3D et les super effets spéciaux, je le considère comme l'un des meilleurs films de l'histoire du cinéma.
Pour l'histoire, j'ai découvert Conan il y a à peine neuf mois, dans l'atmosphère enchanteresse d'une classe de lycée, guidée vers Crom par un prof d'histoire cimmérien qui nous sortit, moi et mes camarades, de notre ignorance culturelle ô combien révoltante. 50 secondes. C'est le temps qu'il m'a fallu pour comprendre que ce que j'avais sous les yeux n'était certainement pas qu'un des ces vieux films de geek invétéré, mais aussi une œuvre dantesque qui comprend une part de nous, et cache derrière elle des mythes, des légendes, et l'Histoire elle-même. Après un discours poignant adressé par son père à Conan, qui éveille en nous nos plus profonds rêves de manias d'histoire antique, LA scène, celle qui m'aurait faite pleurer si je n'avais pas été toute seule, celle qui résume à elle seule toute la magnificence de cette barbarie, nous transporte au delà du monde, loin de notre réalité, vers l'univers de Conan.
11 minutes, aucun dialogue, et pourtant la plus belle scène qu'il m'ait été donné de voir. Transportés par un Anvil of Crom magistral, nous vivons tout. Nous sommes le jeune Conan qui voit débarquer ces cavaliers noirs par delà les arbres sombres de la forêt, nous sommes ces villageois effrayés par les cris des chiens et les pas des chevaux, nous sommes Thulsa Doom, ressentant par son simple regard sa cruauté et sa malice, sans qu'il n'y ait eu besoin de prononcer un mot. Il y a des films où la violence et la dureté sont durs, mal vus, sans intérêt, et à juste titre. Et il y a Conan, où la barbarie de ces hommes est une poésie lyrique, un chant d'animosité qui éveille en chacun de nous nos instincts primaires et nous rassemblent, sous la bannière de nos origines, là où nous sommes tous les mêmes.
Et si on peut croire qu'à mesure que le film avance, notre attention diminuera progressivement, on ne peut pas se tromper davantage. Le personnage de Conan est passionnant de complexité, et entre envie de vengeance et d'amour, il nous fait voyager à travers l'univers sauvage des âges hyboriens. On ne croisera que civilisations violentes et primitives, dans une nature qui est un personnage à part entière, et on ressentira la fureur, la joie, la peine, portés par la BO magistrale de Poledouris, la plus réussie de tous les temps.
Si Schwarzy est un Conan parfait, il ne faut pas oublier que la star du film, à mes yeux, est James Earl Jones. Des regards, seulement des regards, et une bonne tête de méchant, (+la coupe relativement étonnante) c'est tout ce qui lui faut pour nous faire ressentir ce qu'avait Howard dans son cœur au moment de sa création, une foi inébranlable dans la cruauté et le pouvoir. Le Seigneur du serpent. Presque Crom lui-même.

J'aurais aimé m'arrêter au film, mais une fois qu'on est dedans, impossible d'en sortir (BD, bouquins, tout y passe). C'est ce que j'entends en parlant de blessure. On peut aimer un film pour les émotions positives qu'il nous fait ressentir, mais on peut aussi le détester tant il nous bouleverse. Ce qui est difficile, c'est de ne pas en faire partie, de ne pas y être, d'avoir des frissons et le cœur qui bat plus fort à chaque morceau de Poledouris, mais aussi de voir que trop peu de personnes voient en Howard un des précurseurs de la fantasy moderne.
A tous ceux qui méprisent ce film, je dis « Crom rit du haut de sa montagne ! ». Aux autres, qu'ils l'aient vu ou non, je donne un conseil, qui pourrait leur servir lors de périples auprès d'un cimmérien.

«  Autrefois des géants vivaient dans la terre, Conan, et dans les ténèbres du chaos, ils dupèrent Crom. Ils purent ainsi lui voler l'énigme de l'acier. Crom se mit en colère et la terre trembla. Le feu et le vent abattirent ces géants et ils jetèrent leurs corps dans les mers mais, dans leur rage, les Dieux oublièrent le secret de l'acier et le laissèrent sur le champ de bataille. Et c'est nous qui l'avons trouvé. Nous ne sommes que des hommes, pas des Dieux, pas des géants. De simples hommes. Et le secret de l'acier a toujours porté avec lui un mystère. Tu dois apprendre sa valeur Conan, tu dois apprendre ses lois. Car à personne, personne en ce monde tu ne dois te fier. Ni aux hommes, ni aux femmes, ni aux bêtes. À ceci tu dois te fier. »
A Conan, il faut se fier.

A écouter en lisant
Anvil of Crom http://www.youtube.com/watch?v=BHfE682mm3c
Theology / Civilization http://www.youtube.com/watch?v=Gur7kJythgM
Petite vidéo sympa pour donner envie: http://www.youtube.com/watch?v=ewtRyJ2GPaw

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