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Ce qui ne nous tue pas, nous rend Conan !

Avis sur Conan le Barbare

Avatar Altharil
Critique publiée par le

Quand j'évoque Conan le Barbare, j'ai souvent en retour un petit sourire moqueur de la part de pseudo cinéphiles intellos bobos (je fais mon Eric Zemmour si je veux) n'ayant la plupart du temps jamais vu le film et ayant la vision préconçue d'un banal spectacle décérébré.
Bande de barbares !
Vous vous méprenez car Conan est d'une grande richesse thématique et symbolique.
Ok, j'admets que ce préjugé sur Conan est en grande partie dû à tous les navets sur le thème du barbare qui gravitent autour du chef-d'œuvre. Donc vous êtes en partie excusés, mais pas d'être bobos (et là je viens de perdre 30 amis sur Facebook).

Le film s'ouvre sur cette phrase: "That which does not kill us makes us stronger" - Friedrich Nietzsche (C'est pourtant pas mal parti pour un spectacle soi-disant décérébré).
Conan c'est l'histoire d'une vengeance à travers le mythe du surhomme. Tel l'acier brut qui sera chauffé et martelé avant de devenir une superbe épée au début du film, Conan devra subir un grand nombre d'épreuves et de souffrances avant de devenir un surhomme.
Conan c'est la quintessence du mythe du surhomme au cinéma sublimée par la plastique herculéenne d'un Arnold au sommet de sa forme.
Conan c'est l'histoire d'un homme qui s'élève au dessus de sa condition, un homme mû par une force et une volonté hors du commun, qui passe du statut de petit garçon impuissant à celui de légende (Un peu comme Rocky avec Stallone, Conan semble être la meilleure métaphore de la vie du Chêne Autrichien).
Conan c'est l'histoire d'un homme qui se révèle digne dans l'adversité, qui n'abandonne jamais même lorsque tout semble perdu.
Cet héroïsme me rappelle celui des gens du Nord, je parle pas de celui des ch'tis, mais celui des guerriers des vieux mythes germano-scandinaves. D'ailleurs le film, bien qu'étant un salmigondis d'inspirations mythologiques, met en avant certaines références. Alors qu'un parallèle douteux pourrait être fait avec le mythe du surhomme et ces références, Conan ne rentre jamais dans un discours fascisant et aussi peu subtil que celui de 300.
Cet héroïsme arrive à son paroxysme lors de la bataille finale contre Thulsa Doom où deux hommes en affrontent beaucoup d'autres.
Quand j'évoque Conan le Barbare, je le mets souvent en parallèle avec deux films sur le même thème, à savoir Rocky et Predator, plutôt qu'avec d'autres films d'heroic fantasy, Conan étant l'une des rares réussites du genre.
L'héroïsme jouissif du film, je ne le retrouve que dans les deux films susnommés et qui fonctionne exactement sur le même mode : combat désespéré/ préparation/ confrontation. Et je pourrai rajouter : sublimation , car tel Hercule après avoir accompli ses douze travaux, l'homme devient un mythe.
Autre caractéristique du mythe du surhomme, celui de développer ses capacités à son paroxysme. Ici sa force brute et ses capacités martiales. Conan devient expert au combat à l'épée, épée expression de sa volonté, volonté tournée vers un but unique. Pour reprendre la thématique Nietzschéenne, c'est la Volonté de Puissance, une volonté où toutes les forces d'un individu se concentrent dans l'accomplissement du but recherché.

Les 20 premières minutes du film, Conan est un peu pommé et entièrement prisonnier de sa condition d'esclave et de gladiateur, sa volonté n'est tournée que dans le but de tuer. Il devient une machine de destruction mais il n'est pas le maître de son destin. Après son affranchissement, Conan est toujours aussi pommé avant de retrouver la trace des assassins de sa famille. Conan abandonne alors sa « Walkyrie » et part à la recherche de Thulsa Doom. Toutes ces forces ne seront plus que tournées vers sa vengeance. Tuer prend un nouveau sens.
Conan c'est une réflexion sur le destin, sur le conditionnement. Conan n'a connu que la violence et semble reproduire ce schéma. Il semble être le produit des évènements qui l'ont forgé, sans avoir vraiment de recul ou le contrôle sur ce qu'il est. D'ailleurs la version longue du film où Conan s'interroge sur sa vie à l'aube de la grande bataille renforce cette thématique sur le destin et le libre-arbitre (référence à Moby Dick). Plusieurs fois au cours du film, Conan, dans la posture du penseur, réfléchit silencieusement ; Thulsa Doom, lui-même, l'invite à réfléchir sur son destin. Mais Conan n'est finalement pas que la victime des évènements qu'il subit, il est mû par une volonté extraordinaire, volonté qui lui permet de triompher de tous les obstacles : La Volonté de Puissance. Pour reprendre la métaphore de l'acier, l'épée n'est rien sans la volonté qui l'anime.
Thulsa Doom en tuant les parents de Conan, a fait de Conan ce qu'il est. Mais Thulsa Doom a aussi fait de Conan l'objet de sa propre destruction.
A la fin du film, lorsque Conan aura tué Thulsa Doom, il restera longtemps immobile à réfléchir comme si sa vie s'arrêtait, comme s'il n'avait plus de but.
Et là !!! Sublime plan en contre plongée où Cimmérien se relève, écrasant l'écran de son physique olympien, descendant les marches du temple... Conan est devenu une légende, un demi-dieu, un surhomme s'apprêtant à aller conquérir le monde...

Conan est un film qui fait vibrer nos pulsions profondes : sexe, sang et vengeance, mais aussi nos valeurs ancestrales : héroïsme, honneur et gloire.
Conan est un film qui nous épargne le sentimentalisme exacerbé et la mièvrerie débile. Les scènes érotiques sont superbes. Mention à la scène où Conan donne le bijou à Valéria et où s'ensuit une scène un peu chaude (comme dans la vraie vie, non ?).
Dès les tous premiers instants du film, Conan c'est la plongée dans un récit épique, dans un monde antique ! Les ambiances sont magnifiques, les décors, les lumières, nous font vraiment croire à l'existence de ce monde ancien et sauvage. On a pas le coté propret et lisse de pas mal de films de fantasy. Non, dans Conan c'est un peu crados mais ça fait plus vrai !
Et que dire de la musique ! Conan est presque un film muet où Basil Poledouris signe l'une des plus grande musique de film. Ça ressemble à du Carmina Burana, à du Wagner ! C'est véritablement la musique de Poledouris qui achève de nous plonger dans cet univers ancien, mythique et qui vient sublimer la beauté des images et la mise en scène de John Milius.

Voilà ma critique de Conan qui pourrait certainement être encore plus étoffée vu le bijou mais qui, je l'espère, incitera mes amis de la pensée unique à regarder ce film. Sinon, je leur fends le crâne par Crom !

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