Conjuring : Sous l'emprise diabolique de Michael Chaves

Avis sur Conjuring : Sous l'emprise du diable

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En 2013, Conjuring : Les dossiers Warren était une excellente surprise. Un film d’épouvante angoissant avec un couple Vera Farmiga et Patrick Wilson qui fonctionne à merveille. En 2016, Conjuring : Le cas Enfield se montre moins efficace. Il sort peu après la diffusion de la mini-série anglaise The Enfield Haunting et va souffrir de la comparaison. Cette année, le troisième volet débarque enfin dans nos salles. Il est du niveau de Annabelle, La Nonne et La Malédiction de la Dame Blanche, ce qui n’est pas compliment.

De L’Exorciste à Shining, en passant par pas grand chose

Dès les premières minutes, on nous plonge en plein exorcisme. David (Julian Hilliard), un enfant de huit ans, est possédé par un démon. Il se contorsionne dans tous les sens. Les époux Warren ont sollicité un prêtre. Il débarque tel Max Von Sydow dans l’Exorciste, en pleine nuit, sortant d'un taxi avec un chapeau sur la tête. La référence au meilleur film d’épouvante de tous les temps de William Friedkin démontre une connaissance de son sujet. Il en sera de même avec une autre concernant Shining de Stanley Kubrick.

Dans les précédents volets, James Wan s’amusait aussi à insérer des clins d'œil à ses œuvres majeures du genre. Malheureusement, le film est loin d’être à la hauteur de ses illustres aînés. Ce ne sera jamais une référence pour les générations suivantes.

On nous promet l’enfer, on a un un feu de paille

La possession doit nous raconter l’enfer d’Arne (Ruairi O’Connor). Ce sera plutôt l’enfer pour le spectateur avec une lumière sombre, une musique assourdissante et une victime, Bono (Ronnie Gene Blevins), d’une telle pénibilité, qu’on ne regrette pas vraiment son décès. Arne ne provoque pas d’empathie. Son sort nous importe peu, tant l’histoire se focalise surtout sur le cœur d’Ed Warren dont on se demande s’il va tenir jusqu’au clap de fin.

Un flashback suscite de l’espoir chez le spectateur. On va découvrir comment David a été possédé. C’est par un démon sommeillant dans un matelas d’eau. Cela engendre plus le ridicule que de l’effroi.

On tente de se rabattre sur les flashs de Lorraine Warren, qui invoque la magie noire. Elle est en souffrance face à ses visions. On la sent au bord de la rupture comme son mari. La visite chez le père Kastner (John Noble) avec la découverte du sous-sol, ne souffre d’aucune ambiguïté quant à la présence du mal entre ses murs. Un mal qui a les traits de Bonnie Aarons, l’interprète de la Nonne. Un choix peu judicieux qui sème la confusion en reprenant une figure marquante de cet univers.

Michael Chaves

Pour ce troisième volet, James Wan laisse la place à Michael Chaves, déjà responsable de La malédiction de la Dame Blanche, ce qui n’est pas rassurant. On est pas à l’abri d’une bonne surprise. Malheureusement, cela ne sera pas le cas.

La mise en scène de James Wan était une des qualités des deux premiers volets. Il savait distiller la peur avec des effets simples et efficaces, même si parfois, il avait tendance à s’emballer sans que cela ne porte préjudice à son angoissante atmosphère. Au contraire, Michael Chaves pêche par ses effets excessifs qui ne génèrent jamais l’angoisse, ni l’effroi chez le spectateur (on n'a constaté aucun cri dans la salle de la part des adolescents.es pourtant sensibles à ce genre de spectacle).

Pour tenter de masquer ses nombreuses failles et de donner du rythme à un film qui en manque cruellement, on nous impose un montage frénétique de type Michael Bay, ainsi qu’une musique assourdissante pour nous maintenir éveillé, entre des plans redondants de la boîte aux lettres des Warren ou de la prison.

Dieu, l’amour et Disney

Le véritable enjeu de ce troisième volet est de décliner à nouveau le fameux adage “l’amour triomphe de tout”. Un amour qui est celui des femmes. Lorraine pour son mari Ed ainsi que de Debbie (Sarah Catherine Hook) pour Arne. C’est aussi le bien contre le mal. Dieu face à Satan. Cela en devient tellement mielleux qu’on a l’impression d’être dans un Disney, limite si Mary Poppins débarque, on ne sera pas surpris.

La fin des dossiers Warren?

Une franchise qui s’effondre après un premier volet qui m’avait agréablement surpris. Les Annabelle, La nonne et consorts avaient déjà mis à mal le Conjuring-verse, en étant pour la plupart des navets.

Le film avait la possibilité de traiter différents sujets, comme de se pencher sur le procès avec son questionnement sur le fait de reconnaître la possession et de la prendre en compte dans un jugement. D'approfondir au sujet de la magie noire et des sectes, où au moins, de s’intéresser à l’histoire du père et de sa fille. Les auteurs (producteurs) ont privilégié les effets (peu) spectaculaires au détriment de l’histoire.

En attendant un éventuel quatrième volet, on devrait s’infliger La Nonne 2 et The Crooked Man. On se rendra en salles car on aime l’épouvante avec l’espoir d’être agréablement surpris comme ce fût le cas avec le premier volet ou Sinister et Insidious.

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