Montrer et tout ruiner

Avis sur Contact

Avatar Baybrick
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Cela faisait un moment que j’avais pas revu Contact et je me suis mis à faire pas mal de parallèles avec Interstellar, tant dans sa qualité décroissante que dans la possible douleur qu’il y aurait pour moi de me le refarcir (il y’a des chances pour qu’il reste assez spectaculaire ceci dit).

En fait tout le problème avec Contact réside justement dans la forme que va prendre le contact, à la fois forcément déceptif et surtout insignifiant au vu de tout le décorum géopolitique et thématique déployé.

Si l’on compare l’aspect géopolitique avec cette fraude d’Arrival, le film de Zemeckis creuse vraiment le sujet, montre différents rouages, ce qu’il se passerait dans ces cas là, tant à l'échelle du “peuple” que des institutions, ou bien simplement de ceux qui s'accaparent la gloire. J’aime bien comment il montre certaines communautés d'exciter, même le truc avec les néo-nazis m’a semblé bien emmené dans la mesure où l’image d’Hitler aux JO trouve un fondement dans le film avec notre histoire technologique. Ma limite se pose au fondamentaliste religieux que je trouve bien trop caricatural dans sa représentation pour y croire.

Le sujet du film se trouve donc dans cette mécanique, avec à ses côtés la question de la frontière entre la science et la religion accouplée avec la notion de foi, la encore bien traitée durant certaines séquences publiques, dans lesquelles on voit bien comment l’on peut jouer sur les mots, ce que le monde peut attendre d'un scientifique ayant découvert un contact extérieur. Il y’a peut être encore à côté la relation père fille à ranger du côté des thématiques du film, elle est franchement des plus consensuelles et va vite virer au grotesque, quand elle ratrape tous les autres sujets en fait.

Alors tout ça est filmé avec pas mal d’entrain, c’est assez fluide et rythmé, avec à noter deux moments de grâce particuliers, l’introduction qui il me semble est un reste des idées du Dune de Jodorowsky (mais qui demeure aujourd’hui et toujours impressionnante et un pur exercice de narration) et surtout cet effet saisissant avec le miroir qui rend vraiment le moment plus fort. Pour le reste ça fait le travail, on regrettera pour un cinéaste aussi audacieux que Zemeckis (quitte à se vautrer hein) aux vus des moyens de l’époque et du sujet de ne pas avoir pousser la logique du contact extraterrestre et de l’immensité de l’univers plus loin, surtout quant au final il se décide de montrer le contact…

Et c’est d’ailleurs pour moi à ce moment là que le machin se vautre dans les grandes largeurs, quand l’on dépasse les frontières terrestres. J’ai eu l’impression de revivre la dernière demi heure d’Interstellar tant c’est grossier, tant c’est débile, et tant ça va presque à l’encontre de tout ce que raconte le film. Cette volonté de trop donner de réponses ruine complètement tout l’intérêt du film. C’est con, parce que le point de vue serait resté exclusivement sur terre, la séquence qui s’ensuit dans le tribunal aurait peut-être eu plus de force (là on sait très bien qu’elle a raison, ça fait ultra artificiel).
Mais bon, le final à l’extérieur est déjà beaucoup trop simpliste aux vus des évènements passées, je ne vois pas en quoi ça devrait régler les tensions, en tout cas c’est la réflexion qui vient par la façon dont Zemeckis filme tout ça, c’est comme si une fois que son film revient sur Terre il n’avait plus rien d’intéressant à montrer...

Bref, un beau gâchis, mais pas un film inintéressant non plus.

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