Un film de "malade" !

Avis sur Contagion

Avatar Cinespeedy
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En vu du talent du réalisateur des deux excellents Ocean's Eleven et Traffic. J'étais à la fois curieux et inquiet de voir que le nouveau film de Steven SODERBERGH porterait sur une histoire d'épidémie. Alors même si le metteur en scène en a perdu légèrement depuis quelques années en multipliant les projets dont la qualité n'était pas tout le temps au rendez-vous. Il faut admette qu'après avoir vu la bande annonce de Contagion, j'étais plutôt emballé par son approche ...

Son nouveau film va suivre la progression d'une pandémie dévastatrice qui tue toutes personnes contaminées en quelques jours. Une course contre la monte où les scientifiques tentent de trouver le remède à ce mal invisible et où la politique essaye de contrôler la panique qui commence déjà à sillonner les rues. Alors certes l'idée n'est pas nouvelle mais rare son ceux ayant traités un scénario catastrophe tel que celui-ci avec un tel réalisme. Rien que l'intro du film annonce la couleur : On y suit les débuts et l'évolution du virus à travers quelques personnes. Avec une mise en scène sobre et efficace, SODERBERGH caméra à l'épaule, filme son sujet comme une sorte de documentaire avec une atmosphère crédible et angoissante et des plans parfaitement montés (les rues désertiques et sales, les magasins et pharmacies vandalisés et les stades et autres grandes surfaces transformés en zone d'hôpital et de quarantaine). Tout cela contribue à cette tension palpable que va subir le spectateur tout au long du film. Jamais un long métrage de ce genre n'aurait était aussi flippant. A rendre le spectateur limite parano en sortant de la salle (les personnes tenaient les portes à ceux de derrière avec leurs manches et leurs coudes et on ne voyait aucune mains sur les rambardes dans les marches, c'est dire !)

Car bien que la synopsie soit la pratiquement la même qu'Alerte de Wolfgang PETERSEN sortie en 1994, Contagion délaisse quand à lui tout le coté armée et spectaculaire en ce focalisant seulement sur une palette de personnages tous liées par le virus mais aux destins différents. On verra surtout par le biais de ces personnes, plusieurs points de vue : politique (Bryan CRANSTON ...), scientifique (Kate WINSLEY, Marion COTILLARD, Laurence FISHBURNE, Jennifer EHLE ...) et social (Matt Damon, Jude LAW, Gwyneth PALTROW ...) Mais malgré une maitrise technique indéniable (cela n'a jamais été un problème pour le réalisateur), on regrette cependant l'absence d'émotion. Car tout le coté humain passe à la trappe et SODERBERGH préfère se focaliser sur son virus et tout ce qui l'implique. Bon, il y a quand même toute l'histoire autour du personnage de Matt DAMON qui le rend ainsi assez attachant mais c'est hélas le seul à l'être ... Car comme à son habitude, le réalisateur est accompagné d'un casting quatre étoiles (on comprend encore pourquoi le film bénéficie d'un budget de 68 millions de dollars) tous autant convaincant les uns que les autres et d'un compositeur avec qui il avait déjà bossé sur Traffic et Solaris du nom de Cliff MARTINEZ déjà à l'œuvre récemment sur la bande original du film La défense Lincoln mais surtout celle de Drive ! Il livre ici des partissions glaciales qui collent parfaitement au ton du film. Sinon il y a un point qui reste en suspend dans ce long métrage, c'est le pourquoi du comment de la fameuse dent avancé de Jude LAW !

Deux ans après son très moyen et sans saveur The Informant et à trois mois de son prometteur Haywire, Steven SODERBERGH revient avec une approche très réaliste et efficace d'un sujet mainte fois exploité au cinéma. A surtout déconseiller aux hypocondriaques et autres maniaques de l'hygiène.

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