Un film dont il faut faire le deuil.

Avis sur Coup de foudre à Seattle

Avatar Serge Hipontoise
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Aaron Eckart est un acteur avec un fort potentiel de sympathie depuis Erin Brockovich où il était très bien. Ca c'est un peu gâté avec Double face dans Batman mais ça passait encore. Ici il manque terriblement de charisme et est purement et simplement écrasé par tout le cast autour de lui. Notamment Martin Sheen et John Carroll Lynch qui offrent tous deux, malgré le film, des performances de haute volée.

Tou d'abord le prémisse du film ne tient pas la route. Un homme qui a perdu sa femme dans un accident de la route écrit un livre a succès sur comment surmonter le deuil et anime des séminaires dans tout le pays aidant des gens à eux aussi surmonter le leur. Manque de bol, il n'a en réalité pas du tout surmonté le sien. Rendant caduque d'emblée le fait qu'il puisse aider qui que ce soit ou même qu'il ait pu écrire le livre et attirer qui que ce soit dans ses séminaires.

D'emblée, le personnage est antipathique. Dès le début on le voit incapable de prendre l'ascenseur (suite au décès de sa femme) alors qu'il promet à ses stagiaires de pouvoir le faire suite à son séminaire. Ce qui aurait du quand même lui mettre la puce à l'oreille (ce qui prouve d'emblée son hypocrisie), ainsi qu'à son associé.
Car l'aspect séminaire du film est ce qui pèche le plus dans le film. Aaron et son associé sont en effet seuls à gérer une assemble de plusieurs centaines de personnes. Pourtant, aucune équipe autour d'eux. Il prend un petit groupe avec lui pendant plusieurs jours tandis que les autres centaines de participants on ne sait pas ce qu'ils deviennent,

Le personnage en mode séminaire est clairement inspiré de Tony Robbins et sa célèbre marche du feu. Et les sessions d'accompagnement des participants endeuillés sont une véritable catastrophe. Ecoutant les endeuillés, il regarde ailleurs et ne sait clairement pas quoi faire pour les aider. Il est clairement impossible que qui ce soit dise du bien de ses séminaires. Et qu'il ait donc le succès qu'il semble avoir dans tous le pays.

Le fait qu'il négocie des contrats pour mettre son nom sur des suppléments alimentaires ou des croquettes pour chien, justifie d'autant plus qu'il soit un escroc totalement antipathique. Ce que lui reproche le père de sa femme.

Heureusement tout finit bien (!). Il va confesser sur scène que c'était lui qui conduisait et non sa femme (chose qu'on ne nous a jamais montré comme importante à l'intrigue), les participants vont acclamer sa prise de conscience publique et le père de sa femme lui avouer qu'en réalité lui et sa femme ne lui en ont jamais voulu. Tout est donc "A Okay"...

Voilà voilà...

Quant à Jennifer Anniston, sa seule motivation à aider ce pauvre Aaron si peu aimable tient qu'au début il est bien établi qu'elle n'est attirée que par des cassos, ce que le film confirme donc tout du long.

Franchement, le script n'est pas si mal et ça AURAIT pu marcher, malgré le point de départ biaisé de l'intrigue. Mais le traitement (on se perd dans plusieurs intrigues inutile, l'élément déclencheur semble être le l'accusation de récupération du drame par le père de sa femme, mais en fait, non), la réalisation et le fait qu'Aaron Eckhart passe totalement à côté de son personnage, font de ce film un joli ratage.

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