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Cowboy Bebop, le film par Alexandre Godard

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On en pensera ce qu'on voudra, mais si ce film est différent de la série, c'est parce que les vrais personnages intéressants sont Vincent et Electra.
Ces deux là tiennent le film, mais pas seulement...

Concernant cette différence, elle est en fait très logique : la série est suffisamment axée sur les occupants du Bebop. En rajouter dans le film n'aurait rien apporter sinon des redites. Même si c'est un bon film de commande, produit pour faire des ronds et plaire au publique, Watanabe et Keiko Nobumoto n'ont pas voulu faire du remâché. Qu'est-ce que le film aurait pu apporté à Spike, Ed, Jet ou Faye, alors que tout est dit dans la série ?
Ils ont donc repris le bon vieux truc du méchant super badass : pour faire un bon film, il faut un bon méchant.
Sans Vincent, il n'y pas de film. Il est celui qui l'introduit et celui qui le boucle par la présence du papillon. Elle survole le film, à telle point que la musique de Yoko Kanno n'est pas exactement la même que dans la série. Plus orientale, plus lancinante, elle accompagne Spike dans sa quête de Vincent. Bizarrement, cette quête fait aussi écho à cette fin que Spike recherche : notez les couples Vincent/Electra et Spike/Julia. Dans le premier, c'est Electra qui cherche Vincent, dans le 2e, c'est Spike qui cherche Julia. Les voir s'associer n'a rien d'anodin. Ça définie aussi cette relation très particulière entre Vincent et Spike, respect teinté de folie. Electra est quand à elle, tout à fait différente de Spike. Elle est archétypale de la femme qui fera tout pour sortir son homme de la tourmente. Ce qui la rend si intéressante à côté de Spike qui est lui toujours aussi nonchalant.
Si Vincent n'apporte que peu de couleur aux héros (sauf Spike), Watanabe se sert en fait de ces derniers pour donner plus de corps à son bad guy alors qu'il donne à voir à Spike la fin qui l'attend. Les autres personnages sont égaux à eux même, savoureux. Mention à Ed qui dispose de sa petite scène dans le film, très attachante.

Techniquement, comme c'est un film qui bénéficie de l'aura de la série, c'est énorme. Action, rythme, tout est au poil. Le duel final n'a rien à envier aux meilleurs films d'art martiaux. C'en est même choquant, les animateurs ont du être torturé pour nous servir des scènes pareils. Sans oublier ce passage de folie ou Spike et son Swordfish doivent semer 3 chasseurs. Du spectacle haut de gamme comme on n'en croise que très rarement.

Pensé personnelle. Keiko Nobumoto, la scénariste principale de la série et du film, se sert de ce film pour introduire ce qui est à mes yeux son chef d'œuvre : Wolf's Rain. Le titre en lui même "Knocking on heaven's door" n'est pas tant une référence à la chanson (par ailleurs très bien intégré dans le film) qu'au Paradis des loups de Wolf's Rain. Elle devait avoir quelque chose en tête, surtout qu'elle introduit le personnage du vieil indien et son loup au milieu du film, et tout en ajoutant une touche introspective sur la mort (message délivré à Spike), elle introduit toute la thématique de sa série suivante.

Ce film ne vaut pas seulement pour son univers génial développé dans la série ici repris, mais aussi pour le pont qu'il fait entre 2 séries d'exception. Il s'agit d'un film transitionnel introduisant 1° la fin du héros de la série 2° la série suivante de son auteur. À trop vouloir voir un film sur les cowboy du Bebop, on risque de passer à côté du film lui même.

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