Duel en eau profonde

Avis sur Crawl

Avatar Bastien Rae
Critique publiée par le

L'été est souvent marqué par des grosses sorties: blockbuster, dessin animé, comédie française de l'été. Mais, on peut aussi avoir le droit à des retours de réalisateurs et c'est le cas d'Alexandre Aja, réalisateur français reconnu dans le monde entier comme un expert dans le film de genre. Lui qui se fait rare depuis quelques temps, il revient avec un nouveau film pour faire frissonner le spectateur. Cette fois-ci, c'est face à des alligators, que ses personnages vont devoir faire face. Non seulement, ce nouveau film est vraiment flippant, mais, il met aussi en scène une belle histoire de pardon entre un père et sa fille.

J'ai vu l'intégralité de la filmographie d'Alexandre Aja, certains films m'ont vraiment fait flipper comme l'excellent Haute Tension. D'autres m'ont clairement déçu comme Piranhas. Ce réalisateur n'a pas toujours fais que des succès mais, il faut bien avouer qu'il a vraiment le mérite de toujours se battre pour ses projets. Crawl fait parti de deux catégories de film à mon sens: d'un coté, on est face à un film catastrophe de grande ampleur. De l'autre, un film mi-épouvante, mi-monstre. Dans les deux cas, les deux côtés du film sont vraiment maîtrisés.

Les personnages se retrouvent donc face à un ouragan de grande ampleur. Mais, le travail d'Aja est intimiste en ce qui concerne les dégâts de l'ouragan, du moins, ils sont maîtrisés et crédibles. Là où beaucoup de films catastrophes ont la fâcheuse tendance de jouer la surenchère, entre effets spéciaux, dégâts illimités qui tournent parfois au ridicule, ici, la destruction est progressive. A l'exemple de la montée progressive de l'eau dans la cave. Cela permet à Aja de faire monter la tension petit à petit, enfermant ses personnages vers un destin funeste tout en laissant le spectateur incapable de faire quoique ce soit. C'est redoutablement efficace.

Comme je le disais en préambule, le film est également basé sur le relation entre un père et sa fille. Il y a une vraie évolution dans la relation entre les deux personnages. On sent tout d'abord la tension entre les deux, de l'incompréhension, une haine aveugle. Une certaine forme de jalousie pour la fille, mais aussi, un respect entre les deux. Au fur et à mesure des épreuves que les deux vont traverser, le lien inexplicable, le lien père/fille va renaître des cendres des blessures subies. Dans un sens, je ne m'attendais pas à ce que le film fasse la part belle à la relation entre les deux personnages.

Un autre point est vraiment bien traité dans le film: les blessures physiques. C'est peut-être anodin mais souvent, dans ce genre de film, les personnages subissent des blessures qui ne sont pas crédibles. Genre, une jambe coupée mais le mec parvient à courir. Ici, les personnages subissent des blessures réalistes qui donnent vraiment froid dans le dos: de plus, et cela est important, on les voit dans l'obligation de se pratiquer des premiers soins (garrot par exemple). De plus, leurs actions se retrouvent limitées au fur et à mesure que leurs blessures s'aggravent. Le film atteint vraiment un sommet dans le réalisme. Le soucis du détail est important pour Aja, ce film vient le confirmer.

Le casting se concentre autour de Kaya Scodelario. Révélée par la série Skins, elle a toujours été jusque-là cantonnée à des rôles vraiment casse burne. Ici, elle a une vraie chance de faire ses preuves. Pour moi, elle donne vraiment une très bonne prestation dans ce film (il faut le voir en VO pour vraiment comprendre l'implication de l'actrice dans son rôle). Elle a réalisé elle même toutes ses cascades. Même si ce n'est clairement pas un rôle qui va marquer sa carrière, elle a vraiment le mérite de tout donner devant la caméra d'Alexandre Aja.

En conclusion, Crawl est vraiment une bonne surprise. Alexandre Aja offre à Kaya Scodelario une occasion de montrer l'étendue de son talent. Elle en a revendre, si on lui donnait des rôles intéressants. Mélangeant habilement deux genres importants du cinéma, Aja se fait plaisir et nous offre un film flippant, maîtrisé et sombrement réaliste.

Et vous, avez-vous apprécié la critique ?
Critique lue 27 fois
1 apprécie

Autres actions de Bastien Rae Crawl