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Crazy Amy par FrankyFockers

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Après le très mauvais This is 40, je croyais Judd Apatow, que j'avais follement aimé, définitivement perdu. J'étais persuadé que son heure était passée et que son oeuvre allait considérablement baisser en intérêt jusqu'à s'éteindre discrètement. Tout faux ! Le cinéaste a fait preuve d'un double rebond d'une intelligence exemplaire : Premièrement, ne plus écrire son scénario (grosse faiblesse du précédent). Et Deuxièmement, le confier à une femme, inversant et remettant dans une perspective nouvelle tout son univers, tout son travail. Il avait déjà amorcé cela en produisant l'excellente série Girls, dont la plupart des scénarios, de la réalisation et l'interprétation principale était confiée à Lena Dunham. Pour ce long métrage, il s'est tourné vers Amy Schumer qui, en plus d'y avoir tout compris, renouvelle totalement le spectre et la sphère Apatow. Pour résumer facilement, on pourrait dire que c'est comme avant, mais puisque tout est vu par les yeux d'une femme, tout est inversé, tout est différent. La femme domine enfin ! Depuis le temps qu'on attendait ça, dans un cinéma potache, adolescent et quasiment exclusivement masculin ! Du coup, Apatow semble moins stressé, plus à l'aise pour se concentrer sur sa mise en scène, pourtant toujours calée sur le même fil. Des films longs, des scènes qui n'en finissent pas, des dialogues qui s'étirent jusqu'à l'épuisement du souffle de la dernière vanne possible. Mais ici il construit un univers auquel on croit, dans lequel on plonge instantanément et où l'on a plaisir à se lover. On y est bien, on voudrait que ça dure deux fois plus. Et surtout on rit constamment, aux éclats. Mais on pleure aussi, et c'est là où tout change. Ce film est un film complet, équilibré, qui parle de sujets graves et profonds (la solitude urbaine, le refus de grandir, la peur de s'engager en couple, la mort du père, le travail de deuil, etc.) et qui nous fait marrer dès la scène suivante sans pour autant omettre la boule qu'on a au ventre. C'est la vie, sa complexité et ses multiples facettes, qu'il a ici réussi à capter. Et puis, des frères Brooks, de Woody Allen, de Seinfeld, je crois que jamais Apatow n'avait autant réussi à digérer ses références. Elles sont là, omniprésentes, mais l'ensemble est formidablement équilibré. Il leur doit tout, mais ne doit plus rien à personne.

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