I will re-break you

Avis sur Creed II

Avatar kwyxz
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Le premier Creed était de fort belle facture. Je l'avais certes jugé un peu sévèrement à l'époque, puisque son statut de remake était si évident lors du visionnage qu'il m'avait un peu paru sournois de ne pas l'assumer plus ouvertement. Mais les acteurs étaient bons, la réalisation était belle, et ce nouveau départ laissait présager du meilleur.

La promo de cette suite avait tout pour faire peur : le retour de Drago, vilain du nanardesque (mais populaire) quatrième épisode de Rocky donnait l'impression d'une tentative de capitaliser sur la nostalgie du public. L'acteur choisi pour incarner Viktor, son fils, avait plus l'air du mastodonte monoexpressif que de l'acteur né.

Et pourtant, j'ai préféré ce deuxième Creed au premier. Bien sûr, les films Rocky ont une formule à laquelle cet épisode déroge peu. Le comeback est une mécanique vue et revue, et l'issue de ce long-métrage ne surprendra personne. Et pourtant, le film parvient à installer une tension, une intensité dramatique qui électrise le spectateur lorsque les boxeurs montent sur le ring.

Au début de ce Creed II, Adonis (Michael B. Jordan) fils d'Apollo, devient champion du monde. Tout semble lui réussir. Il demande sa petite amie Bianca (Tessa Thompson) en mariage. Mais un promoteur flairant une belle affaire va monter de toutes pièces le combat qui déterminera s'il mérite ou non de conserver sa ceinture : en ramenant d'Ukraine Viktor Drago, fils d'Ivan, qui trente ans plus tôt tua Apollo Creed sur le ring. Qui va l'emporter à l'heure de la revanche ? Le combat se déroulera-t-il en tag team ? Verra-t-on une baston de vieux croulants Balboa-Drago ?

(non, mais j'aurais bien aimé pour rire)

Quelques mois après Cobra Kai qui est une vraie suite de Karate Kid, une nouvelle œuvre s'intéresse au futur de l'antagoniste défait. Ivan Drago, vaincu par Balboa, a tout perdu. Son pays l'a abandonné, son épouse également. Il survit avec son fils unique sur un site de fabrication de parpaings. Son énergie, il la tire de son envie de revanche. Son fils est l'instrument de cette revanche. Il va en faire une machine à broyer, un boxeur redoutable et surpuissant. On finit par peut-être regretter de ne pas passer plus de temps avec ces deux-là. Que le film ait le courage de s'appeller "Drago" et de focaliser sur eux. Si Viktor est quasi muet (il doit avoir trois répliques à tout casser) son jeu de regard est éloquent, et les interactions avec Ivan parlent d'elles mêmes. Le contraste avec Adonis - Rocky n'en est que plus révélateur. Ivan a une revanche à prendre avec la vie, avec son pays, avec Rocky. Adonis a une revanche à prendre avec Ivan. Rocky vit avec la culpabilité de n'avoir, à l'époque, pas jeté l'éponge pour arrêter le match qui a couté la vie à son ami.

Franchement une belle surprise.

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