La bonne surprise du précédent vire à la recette éculée jusqu'à plus soif flirtant avec la caricatur

Avis sur Creed II

Avatar Rémy Fiers
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Parfois à vouloir trop tirer sur la corde, elle finit par se rompre. Si ce que l’on pourrait appeler désormais la saga spin-off à celle des « Rocky » avait bien commencé avec le très réussi « Creed, l’héritage de Rocky Balboa », il n’en va pas de même pour cette suite. Comme si tout semblait gagné d’avance pour l’équipe aux commandes dont Sylvester Stallone ici scénariste (et le box-office semble leur donner raison). Dans ce « Creed II », il n’y a plus aucun signe de renouveau ni même un soupçon d’envie d’essayer de surprendre le spectateur. Tout semble être balisé pour aller d’un point A à un point B sans encombre par peur de décevoir. Mais à force de presser le citron jusqu’à plus soif et de servir une recette éculée, le risque est bien sur qu’il n’y ait plus de jus et que le plat en devienne écœurant. Et c’est ce qui arrive ici à tous les postes de ce film qui manque cruellement d’inspiration. Les détracteurs avanceront que la saga « Rocky » avait été bâtie sur un schéma sensiblement identique mais le cinéma a évolué en près de quarante ans!

C’est affligeant à tel point que même les acteurs sont à la traîne ou mal dirigés. Ryan Coogler, qui avait mis en scène avec brio le premier et qui est depuis devenu le réalisateur du carton « Black Panther », a laissé sa place à un parfait inconnu. Ce qui aurait pu être un pari artistique se révèle une grave erreur, l’homme ne semblant être qu’un yes man à la solde d’une production ne voulant pas prendre de risques. Stallone grimace à souhait, les ennemis russes sont inexpressifs et sans grande profondeur alors que leur histoire aurait pu être bien plus passionnante que réduite à cette simple vengeance sur le passé et Michael B. Jordan développait un jeu bien plus nuancé dans l’opus précédent. L’histoire est prévisible à souhait, enchaînant laborieusement trois actes attendus que l’on pourrait nommer comme suit : provocation, défaite et revanche. Et dans chacun des ces actes, les mêmes moments répétés à l’infini, ce que le film précédant parvenait la plupart du temps à éviter en semant les bases de la nouvelle saga avec intelligence. L’ajout d’un bébé dans la dramaturgie n’ajoute rien et se révèle bien trop vite mis de côté.

De ce fait, il n’y a strictement aucune tension et cette production nous plonge dans une torpeur jamais dérangée. Aucune surprise ne vient enrayer la mécanique bien trop huilée mise en branle ici et d’énormes fautes de goûts viennent couronner le tout poussant parfois le film à la limite de la caricature voire du ridicule. Quand Tessa Thompson, qui a bien du mal à faire exister son personnage comparé au premier film, arrive en chantant sur le dernier match, on ne sait plus si on doit rire ou pleurer. Le caméo de Brigitte Nielsen est pitoyable au lieu de réveiller la fibre nostalgique et les dialogues sont soit bien trop pompeux et écrits soit d’un banal à toute épreuve, à l’image d’une réalisation digne d’un téléfilm. Ne parlons même pas des combats qui ont été déjà vus mille fois et en bien mieux. Honnêtement, c’est le film de trop, le film raté, celui qui brise les espoirs mis dans une nouvelle saga aussi mythique que l’originale. Il faut soit vraiment revoir tout ça de fond en comble soit arrêter les frais au plus vite. Seules les dernières scènes s’avèrent un temps soit peu émouvantes mais il est déjà bien trop tard.

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