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Cyborg par 0eil

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Tu sais, JC, je t'apprécie énormément. C'est vrai, je te kiffe pas mal, c'est bien pour ça que je me mate la plupart de tes films, envers et contre tout. Surtout contre tout, en fait, parce qu'il faut bien avouer que contrairement à un Schwarzy, tu as eu du mal à te trouver des films mémorables. Et en fait, j'ai l'impression qu'énormément de long-métrages de ta filmo ne trouvent d'intérêt que parce qu'ils ont été vus très jeune par un public qui en est devenu fan. Ainsi, malheureusement, quand je tombe sur un film comme "Cyborg", j'ai mal à mon Jean-Claude. Mais bon, il faut tout d'abord revenir aux sources du mal. Longtemps après "Mad Max", ce présent film tente une incartade dans le post-apo à l'ancienne, comprendre, celui où la fin du monde a poussé des foules en délire dans des friperies SM et des salons de coiffure aux bigoudis flagorneurs. Ainsi donc, la très permanentée Pearl, cyborg de son état, doit fuir la ville de Je-ne-sais-quoi, pour se rendre à Atlanta où l'attend une communauté hippie en robe en tulle. Le tout pour soigner le monde d'une peste qui n'a pas l'air de coller l'angoisse à grand monde, puisqu'au lieu de porter des masques médicaux, les gens portent des bas résille sur la tête. Prise en chasse par Fender, un métisse aux yeux bleus, la jeune femme ne pourra trouver le salut que dans l'arrivée de Jean-Claude "poète maudit" van Damme, venu sauver la veuve, l'orphelin et la chasteté. Putain de programme !

D'office, on sent que le film va vendre du rêve puisque les premières minutes se déroulent dans une rue partagée entre les flammes, les bidons et les filets de pêche maintenus dans les airs pour empêcher, très certainement, les poissons volants d'atterrir. La peste a vraiment fait des ravages. On y voit Pearl courir, suivie de son garde du corps qui se fait coincer par des méchants dans la plus pure tradition Mad Maxienne. On prend un peu son temps pour remarquer que la superbe course poursuite se fait sur la même rue remonter deux fois de suite par tout ce petit personnel. Et on s'étonne du traitement de la voix du méchant, un peu robotisée, alors qu'à aucun moment du film, il ne sera évoqué le fait qu'il puisse être un cyborg. Ni le héros. Ni personne à part Pearl, ce qui pose la question de cet intriguant et inutile titre. Mais bref. No roundhouse kick dans les parages, JC apparaît, complètement hagard, la nana lui demande son aide, il n'en dit rien, se fait poutrer et hop, on passe à la suite. Attention, ça arrivera extrêmement souvent : le film n'a jamais l'air de vouloir s'attarder sur ce qui pourrait être intéressant et quand il se décide à le faire, il est aussi subtil qu'une pelleteuse dans une natalité.
L'exemple de la peste relaté plus tôt est parlant, mais le reste est tout aussi ahurissant. Le personnage de JC, Gibson (qui ne dira JAMAIS son nom de tout le film, jusqu'à ce qu'il soit apostrophé à la fin du film, sans qu'on sache comment le personnage qui parle de lui n'en sache autant !) est un personnage torturé. Il a été passeur, par le passé (hé hé) et s'est vu payer par une post-teenage et ses deux marmots. Ca, plus son envie très pugnace de déboîter le méchant, on a bien compris qu'il avait trempé dans la maman sexy, avant que celle-ci et ses deux gamins soient butés par le grand méchant. En fait, à ce tableau, il y a une subtilité pas inintéressante que le film ne sous-exploite qu'à la fin. Du coup, on se tape presque vingt-cinq minutes (mises bout à bout) de séquences flashbacks ultra-chiant sans que le film ne se décide à pointer LE truc qui pourrait être intéressant. Ca arrive assez souvent, d'autant plus que c'est remplacé par du remplissage de l'enfer, comme j'en avais vu que dans les films français. Le héros sort des égouts et court dans la brousse, poursuivi par les méchants. On a saisi que les méchants étaient sur ses talons, mais le film insiste pour nous montrer une demi-douzaine de gars, un par un, qui sortent des égouts à leur tour. Le méchant profite que Jean-Claude soit épuisé pour gagner son face à face contre lui ? Il lui met pas un bourre-pif, il lui en met trente, tous filmés, sans aucun effet de style. Je pense que si on virait tous ces plans inutiles, le film dépasserait pas les quarante minutes tellement il comble.
En même temps, il n'a rien à raconté. La course-poursuite entre les méchants qui ont kidnappé Pearl et le gentil est juste incompréhensible : les méchants prennent un bateau, avec facile une journée d'avance sur le héros, mais ce dernier les rattrape à pied en mode pénard, sans courir ni suer. D'ailleurs, on nous dit qu'Atlanta est défendu et que jamais le méchant ne survivra à son arrivée dans la ville, mais le héros essaie quand même de le pourrir sans aide de personne. Ce type vit sa vie dans le mode de difficulté Hardcore. Et les passages sentimentalo-torturés, bordel, du grand art. Jean-Claude n'a pas l'air de bien savoir ce qu'il joue, se comporte comme un mélange de parfait goujat et de romantique incompris et repousse l'héroïne lorsqu'elle sort ses forts joli seins pour pleurer sa mort vingt minutes plus tard comme si c'était le point final d'une longue descente aux enfers. Frère, je dis pas que profiter un peu de votre "complicité" était nécessaire, mais tu sais même pas son prénom, arrête de la jouer amoureux transit ! Cela dit, les autres personnages sont là au diapason. Le méchant en tête, cet espèce d'imbécile incapable de jouer sans lunettes de soleil pour cacher les lentilles les plus laides de l'histoire de l'ophtalmologie. On notera aussi la présence de Ralph Moeller, grand habitué de ce genre de production, qui gonfle les pecs avec un air méchant et hurle tout son soul lorsqu'il a un doute sur l'attitude à avoir pour faire le badass. De l'actor's studio, qu'on vous dit.

Je pense donc que si certaines notes dépassent le 5, c'est essentiellement pour un capital sympathie/nanardise auquel je n'ai pas été sensible, sans doute pour l'avoir découvert un peu tard. Mais là, piouh, quelle purge ! C'est sans doute le seul critère dont le métrage dispose avec générosité et n'hésite pas à libérer auprès de son public, son gros côté purgiaque. "Cyborg", c'est une sorte de film à sketchs où chaque nouvelle saynète serait l'occasion de gâcher davantage un pitch sorti de nul part pour aller nul part. C'est peut-être regardable pour s'amuser, mais alors vous allez devoir taper fort dans l'alcool !

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