La dialectique du monstre.

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Peut-on considérer Terreur à domicile comme un échec? Si on le regarde comme un film d'horreur, la réponse est incontestablement oui. Le film est raté, il ne fait pas peur. Partis pris difficile néanmoins, que celui d'espérer faire peur avec un simple rat, hormis les phobiques je le concède mais de manière générale, les araignées sont plus efficaces dans ce domaine (plus encore que les Critters si,si...). Mais compte tenu du sujet traité, le film s'oriente probablement plus du coté du thriller psychologique. Mais ce sous-genre est assez difficile à traiter, car il naît d'une tension en crescendo du suspense, et amène très rapidement à une forme de redondance qui ne fait qu'alourdir le récit. Et même ici, Terreur à domicile peine à captiver.

L'histoire en quelque ligne narre la vie trépidante d'un jeune cadre (Weller) en attente d'une promotion et à qui tout semble sourire: c'est un self-made man, marié à une blonde pulpeuse, un fils charmant, une splendide maison qu'il est en train de retaper, bref l'osmose du rêve américain. Tout ce petit paradis se trouvera néanmoins renverser par... un rat. Le rongeur semblerait avoir élu domicile dans la maison de notre héros et ne tardera pas rendre ce dernier complétement marteau.

Réaliser par George Pan Cosmatos, à qui l'ont doit notamment Rambo 2 et Cobra, deux perles avec Sylvester Stallone, il est malheureusement bien dommage de constater que ce dernier ne maîtrise pas le genre du thriller animalier.

Suivant scrupuleusement ce que je pourrais nommer "la dialectique du monstre", Cosmato ne semble pas prendre beaucoup de risque pour ce film qui semble vraisemblablement n'être rien d'autre qu'une commande de producteur. Cette dialectique, basée sur une forme de positivisme chrétien, vise à purifié le héros de sa corruption par l'épreuve et l'anéantissement de toute forme de matérialisme. Dans ce cas précis, notre épreuve prend la forme d'un rat. Weller, en jeune cadre dynamique, n'est obnubilé que par ses ambitieux projets de carrière et par la restauration de sa maison, allant jusqu'à oublié sa famille.

Notre rat va donc, indirectement, faire prendre conscience à notre héros qu'il s'éloigne des vrais valeurs. Le vice est même poussé à son paroxysme (ATTTENTION SPOLI), lorsque notre héros assassine le rat (enfin) qui s'était terré dans une version miniature de la maison. Geste symbolique fort s'il en est, notre héros décide de faire fis de ses ambitions afin de ses débarrasser du mal qui.

Mais que reste-il donc de ce film? Sans aucun doute Peter Weller, acteur trop sous-estimé à mon goût qui livre malgré un scénario maigre comme un fil de nylon une prestation une fois de plus impeccable. C'est d'ailleurs d'autant plus triste de le voir se démener pour un film si vide que l'on regrette encore plus qu'il n'ait pas laissé ses lettres de noblesse dans l'histoire du cinéma.

0 Noter aussi une séquence (enfin une) particulièrement efficace, celle du bol de céréale (je n'en dit pas plus.).

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