De la chenille au papillon.

Avis sur Dallas Buyers Club

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Critique au titre original (cf. la "scène des papillons").
Pardon mais c'est tout de même le résumé du film, réalisé là en une scène par JM Vallée.

De mon point de vue, c'est une scène qui se veut "en dehors du film" si l'on prête attention à l'esthétique et l'image en général, qui décrit :
- soit une ambiance sordide, à l'instar du mode de vie du personnage principal, à savoir : des putes, de la drogue, des sudistes et des moustaches,
- soit une ambiance assez réaliste, avec un contexte morose et déprimant, il n'y a qu'à observer les logements et les strip club dégueu qui nous sont dépeint le tout à la sauce texane,
Bref pas de grosse fantaisie sur la mise forme et c'est très bien.
Sauf lors de l'éclosion de tous ces papillons, c'est le seul passage mis en valeur où l'on contemple l'évolution du personnage. Bon, niveau métaphore c'est peut-être pas très recherché mais c'est très parlant, et l'exemple du vilain petit canard ça marchait pas -c'était même pas beaucoup mieux-.

Enfin je vous parle de ça, parce que le sujet du film tourne autour des premiers événements anecdotiques liés au virus du SIDA, de la considération de la société à l'époque des faits vis-à-vis des homosexuels certes, mais aussi parce que le plus important, c'est évidemment l'évolution de Ron.

Bon j'ai déjà lu quelques critiques, qui s'emploient à dire que malgré la superbe émotion que dégage DBC, il y a un côté un peu trop ingénu concernant le changement de notre cowboy homophobe cupide en esprit sain porte parole pour une grande cause.
En ce qui me concerne, je pense qu'un film a finalement très peu de temps pour nous montrer ce qui pourrait se passer dans la tête d'un homme qui pense mourir à chaque minute qui passe, alors pour mieux se rendre compte, il faut analyser un peu plus les événements répartis dans les temps qui suivent le diagnostique du SIDA.

En effet, au départ, il faut avouer que le personnage n'a pas beaucoup d'amis -et pas vraiment de très bonnes fréquentations-, un travail de merde, avec un mode de vie somme toute assez semblable (cf le contexte avec les sudistes et les moustaches plus haut).
Mais, on nous décrit tout de même un homme consciencieux quelque part, c'est très rapide mais je pense que la mise en scène veut nous le montrer : il préconise l'appel de l'ambulance pour le travailleur immigré, il refuse de coucher avec 2 catins car le doute d'avoir cette maladie l'habite... Donc à la base, on soupçonne que quelque part entre ce chapeau et ces Santiags, il doit sommeiller quelque chose de bon en cet homme.

Depuis qu'il a apprit qu'il est condamné, Ron est soudain prit d'une nouvelle ambition, celle de survivre le plus longtemps possible.
Sans même qu'il s'en rende compte -et je soupçonne que les critiques précédemment mentionnés ne l'aient pas vraiment relevé non plus- il finit par appartenir à une communauté, il devient son propre patron, noue une nouvelle relation d'amitié et il tend même à s'intéresser à une femme pour autre chose qu'assoupir ses besoins.

Il a finalement un mode de vie sain, et si pour certains ce retournement de situation est un peu facile, je trouve que chaque actions et chaque chose qui lui tombe dessus le mène à ce changement, et qu'il est ainsi justifié.

Ron se rend compte qu'il ne survit pas, mais qu'il commence enfin à vivre, et oui cela part d'un électrochoc et de la peur du mourant à la base, mais c'est l'histoire d'un homme, et il est rare de voir un homme quitter son mode de vie radicalement sans raison précise.

Voilà ce qui m'a parlé dans ce film, qui nous rappelle que nous sommes condamnés à mourir dès le moment de notre naissance et que, par conséquent, vous êtes libres de mener votre barque où bon vous semble, si vous voulez opérer un changement, n'attendez pas que les poules aient des poils aux dents, ou un truc comme ça.

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