Le meilleur de l'adaptation libre

Avis sur Dans les forêts de Sibérie

Avatar Eowyn Cwper
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Le choix d'être une adaptation libre est engageant. Souvent, ça consiste à faire une œuvre délivrée d'attaches, à peu près garantie de plaire au public. Mais Nebbou avait autre chose en tête.

Dans les somptueux décors naturels du Lac Baïkal, avec ses acteurs amateurs et son sens de l'exploration et de la découverte, le film a la saveur d'un documentaire que l'ajout d'un récit et d'acteurs de cinéma ne brise pas. Car l'idée, c'était simplement d'appliquer les mêmes principes au contenu et au contenant. Il s'agit de l'histoire d'un homme qui recherche la paix et la solitude, alors on le filme tel quel, au naturel, comme s'il était lui-même et que tout tombait sous le sens.

Cette harmonie osée, dont un rien pouvait exposer la tromperie, permet à l'œuvre de globalement éviter des pièges qui la menacent parfois. Un personnage ultranaïf qui part dans la taïga comme il partirait à la campagne, par exemple, ou bien des rebondissements calculés, ou une rencontre faussement fortuite. Leurs raisons d'être sont bienheureusement terre-à-terre : l'envie de la solitude, de se dépasser, de se trouver.

Doté en plus d'une musique méritant son César, Dans les forêts de Sibérie est la rencontre entre la curiosité et la créativité, pour un résultat qui n'est pas une redite des productions d'Arte, ni un film qui s'improvise globe-trotter et qui aurait, en guise de seule vraie destination, un festival.

Quantième Art

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