Véli-mélo

Avis sur De toutes nos forces

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Une affiche qui réunit Jacques Gamblin et Alexandra Lamy a réussi à vaincre notre angoisse du mélo. Et puis c'est signé Nils Tavernier, fils de.
Nous voici donc embarqués pour De toutes nos forces, inspiré d'une histoire vraie comme on dit désormais, celle de la Team Hoyt (une 'équipe' de oufs !) qui défraie la chronique sportive étasunienne depuis quelques années.
Jacques Gamblin vit très très mal sa paternité d'un fils tétraplégique et sa famille menace d'exploser.
Pour reconquérir son père, le gamin (qui va quand même sur ses 18 ans dans le film, 20 ans dans la vraie vie) va obliger son père à courir avec lui la course Ironman de Nice.
L'Ironman c'est un triathlon de oufs : 4 km de natation en mer, 180 km de vélo en montagne et je vous mets un petit marathon pour finir ?
Le père va donc tirer un bateau avec son fils dedans, pédaler avec son fils assis sur le vélo devant lui et pousser un fauteuil roulant pendant 42 km.
Sachez quand même que la fameuse Team Hoyt dont est inspiré le film, fait ça tous les jours ou presque (au compteur : 6 Ironman, plus de 60 marathons, plus de 200 triathlons, etc ...) !
Avec une histoire pareille on pouvait effectivement craindre le mélo larmoyant pétri de bons sentiments.
Mais Nils Tavernier évite les plus gros écueils avec une partition très juste pour le couple Gamblin-Lamy. Ensuite, le film trouve rapidement son rythme de course : entraînement intensif, appréhension avant la course et de très belles images de sport.
Car finalement, ce qui sauve le film c'est cet axe sportif qui lui sert de ligne directrice : l'Ironman c'est un dépassement de soi, même pour ceux qui concourent avec deux bras et deux jambes et le spectateur lambda peut donc tout à fait partager les efforts, les peurs, les souffrances, les joies de la Team Amblard (le nom de la famille du film). La course finale échappe donc aux clichés mélo du feel-good-movie parce que c'est (avant tout ?) une épreuve sportive, une épreuve dans tous les sens du terme, un dépassement des limites physiques (plus contraignantes pour quelques uns).
On a bien sûr la larme à l’œil mais on aimerait presque être à leur place.
Et puis il y a ce remarquable Fabien Héraud qui porte bien son nom et pour qui ce film a dû être une belle aventure. Son visage tordu illumine le film.
Ce n'est pas vraiment 'un autre regard' sur le handicap, plutôt un autre regard sur le corps.

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