Un survival horror? Non, une simple horreur...

Avis sur Dead Rising

Avatar garnold42
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Les adaptations de jeux vidéos en films ou de films en jeux vidéos sont la plupart du temps au mieux très mauvais, au pire pathétiques.

Les deux références vidéoludiques du survival horror que sont Resident Evil et Silent Hill ne dérogent pas à cette règle. Si le premier film du premier cité est plutôt bon, divertissant et assez fidèle à la série de jeux vidéos, les autres sont une compilation de ratages, de grand n'importe quoi durant lesquels on a l'amère impression que les réalisateurs et scénaristes se sont amusés à démolir un titre pourtant culte. Quant à Silent Hill, si le début du film laisse naître quelques espoirs, on s'ennuie petit à petit jusqu'à aboutir à une fin ridicule.

De tels exemples sont légions. Ce que l'on reproche la plupart du temps aux adaptations est leur manque de fidélité à l'égard de l'œuvre originale, et le fait que les développeurs/réalisateurs se servent d'une base culte pour assembler un jeu vidéo/film sans conviction avec l'unique appât du gain.

Ceci étant dit, intéressons nous à Dead Rising. Il s'agit d'une série de survival horror relativement récente, mais ayant pourtant d'ores et déjà acquis son statut de référence. Le premier jeu vidéo nous permet d'incarner Frank West, un reporter qui se rend à Willamette afin de réaliser le scoop du siècle, la ville étant infestée de zombies. L'ami Frank va alors déambuler dans un centre commercial afin d'exploser du zombie avec des armes diverses (épée, flingue, boule de bowling, ballon de football, voiture, batte de baseball...), tout en affrontant des psychopathes tous plus charismatiques les uns que les autres. Ce côté déjanté dans un univers horrifique marche totalement bien et fait la force du titre. Un aspect que l'on retrouvera dans le très bon Dead Rising 2, se déroulant cette fois dans une sorte de mini-Las Vegas, avec un certain Chuck Greene aux commandes.

Soyons clair, Dead Rising fait partie de mes jeux vidéos préférés. Et quand j'ai découvert qu'il allait faire l'objet d'une adaptation cinématographique, j'ai eu très peur. Peur confirmée.

Commençons par les points positifs, ce sera vite fait. Dead Rising Watchtower fait plein de clins d'œil à son grand frère vidéoludique. Frank West, des assemblages d'armes, des psychopathes bien déjantés, une référence à Willamette, des militaires là pour tout faire exploser, des zombies plutôt bien foutus. Ah ben finalement on s'en sort bien, vous pensez? Attendez la suite...

Parlons tout d'abord de Frank West, héros du premier jeu vidéo. Cette fois-ci, il n'est pas le personnage principal mais un simple observateur des événements depuis un plateau TV. Et il faut croire qu'on a voulu démolir son mythe dans ce film. Insupportable, prétentieux, adepte de la petite blague à deux francs, bref caricaturé mais dans le (très) mauvais sens. En le voyant, on se dit que finalement on se serait bien passé de son intervention. Quand je vais rejouer à Dead Rising, je ne verrai plus mon cher personnage de la même façon. Merci les mecs.

Deuxième point, lorsque l'on regarde un film de zombies on s'attend à voir... des zombies. Lorsque l'on regarde une adaptation de Dead Rising, on s'attend à voir des milliers de zombies. Oui, on en voit. Mais finalement assez peu. On a l'impression qu'ils sont là pour être là mais qu'ils n'ont finalement pas de vrai incidence sur l'histoire dans sa globalité.

Quant au principal psychopathe de l'histoire, il est plus ridicule qu'autre chose. Certes le côté kitsch est conservé, mais cela ne passe pas. Le seul moment plutôt amusant du film est lorsque le héros pointe son flingue sur le nez rouge d'un clown et que ça fait pouêt. Oui, il faut chercher l'intérêt très loin.

Le héros, parlons-en. On sent bien que l'acteur se démène afin de sauver ce qui est sauvable mais les profondeurs abyssales atteintes par le scénario ne permettent pas de s'identifier à lui. Et il en va de même pour les autres personnages.

Adapter Dead Rising en film semblait difficile, le pari est totalement raté. On regarde sa montre toutes les deux minutes, on prie de voir cette horreur se terminer, et lorsque apparaît enfin le générique de fin, on exulte. Le seul bon moment de ces deux heures consternantes.

Dernier point, on se demande franchement ce qu'est venu faire Dennis Haysbert (le président David Palmer de 24 heures chrono) dans cette galère.

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