C’est la famille

Avis sur Dead Shack

Avatar cherycok
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Quand je suis en manque de films de zombies, ce qui, il faut l’avouer, arrive relativement souvent, je n’ai qu’à piocher dans mon stock étant donné que je me démerde à avoir toujours une 20aine de bobines du genre. Histoire d’avoir de quoi voir venir si vous voulez. Ce coup-ci, mon choix s’est arrêté sur Dead Shack, petite bobine canadienne sortie exclusivement sur la plate-forme Shudder, ce qui ne signifie pas forcément que ça va être de qualité, mais en matière d’horreur, ils savent de quoi ils causent, donc on n’est pas à l’abri d’un petit truc sympathique. Et sympathique, Dead Shack l’était. Le problème, c’est qu’il était juste sympathique, et qu’au final, il risque de rapidement sortir de ma mémoire déjà pas bien en point.

Dead Shack fait partie de ces films issus de campagnes participatives. Bien qu’il avait déjà le budget pour son tournage et une partie de la post production, le jeune réalisateur Peter Ricq, dont c’est ici le premier film, a créé une campagne sur Kickstarter afin de rassembler la somme de 10000 CA$ pour les effets visuels. Résultat payant puisqu’il débloquera la somme de 12919 CA$, lui permettant d’achever son film et de le proposer à des festivals où il sera nominé huit fois et gagnera même 2 prix (aux Leo Awards). D’entrée de jeu, image délavée, musique façon Stranger Things, on constate que la mode des années 80 n’a pas fini de faire des émules et Dead Shack en est clairement un rejeton. Nous sommes ici dans une comédie horrifique, avec un peu d‘humour noir, mais également (en début de film surtout) de la blague potache pas toujours très raffinée. Cette partie comédie reste malgré tout très légère et la deuxième partie du film est beaucoup plus sérieuse, pour devenir même dramatique dans son dernier acte. Le film nous présente une famille loin de la famille américaine parfaite, avec un père laissé par sa femme qui se perd dès qu’il en a l’occasion dans l’alcool, et des enfants presque livrés à eux-mêmes. La famille est d’ailleurs le thème central du film, aussi bien du côté des gentils donc, mais aussi des méchants, avec cette mère qui continue de s’occuper des siens alors qu’ils sont tous devenus des zombies. Car oui, c’est un film de zombies, mais au final, ces zombies ne sont que peu présents et le film va aussi jouer sur le côté mystérieux de cette voisine un peu psychopathe sur les bords. Mais au final, Dead Shack est surtout un film léger, qui ne cherche pas à révolutionner le genre, et qui ne le fait d’ailleurs pas.

Nous sommes ici dans un déroulement assez classique, avec des scènes déjà vues (la typique séance de fabrication des armes et armures pour se protéger des zombies) et pas mal de poncifs au point qu’il est assez facile de savoir à l’avance qui va mourir. Les personnages ne sont par contre pas si clichés que ça. Ils prennent parfois des décisions à la con, mais ce sont des gamins, donc difficile de s’énerver sur ce point-là. Surtout que les trois jeunes héros sont vite attachants, tout comme le père. Leurs interactions sont assez intéressantes et leurs échanges semblent naturels. Il faut dire que les acteurs s’en sortent très bien. Donavon Stinson, qui joue le père, est à mourir de rire, et on est surpris de voir la jolie Lauren Holly (Dumb and Dumber, Dragon) dans un rôle à contre-emploi bien que son personnage ne soit pas assez développé. La mise en scène de Peter Ricq est assez réussie, démontrant un certain talent chez le jeune réalisateur. Il arrive à instaurer une ambiance poisseuse, parfois craspec, et il s’occupe lui-même d’une partie de la bande son via son groupe Humans. Malgré sa courte durée, on notera tout de même des lenteurs avec une première partie un peu laborieuse, qui prend beaucoup trop de temps pour amener ses protagonistes sur le lieu du futur carnage. Carnage qui verra bien évidemment le jour dans son troisième acte et qui ravira les amateurs de gore. Bien que l’ensemble n’aille au final pas très loin en termes de tripaille à l’air, le film comporte malgré tout son lot de bras arrachés, de têtes qui explosent, et de flaques d’hémoglobine, avec des effets pour la plupart à l’ancienne (yes !), aidés malgré tout de temps à autres de CGI (berk) pas des plus réussis, nous rappelant les limites du budget.

Bien que vite vu, vite oublié, Dead Shack permet de passer un agréable moment pour quiconque aime le genre zombies. Si on n’est pas trop regardant sur la superficialité du scénario, le film fait le taf.

Critique originale avec images et anecdotes : DarkSideReviews.com

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