Western sans spaghettis

Avis sur Dead in Tombstone

Avatar cherycok
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Depuis qu’il a été mis sur le devant de la scène avec le délirant Machete, Danny Trejo enchaine les rôles à une cadence infernale dans des films de qualité certes inégale mais le faisant devenir du haut de ces 69 ans une tête incontournable de la série B Direct To Video. Alors lorsqu’il est appelé par l’honnête tâcheron Roel Reiné (Death Race 2, Le Roi Scorpion 3) pour aller tourner en Roumanie un western mâtiné de fantastique dans le seul et unique but de surfer sur la sortie de Machete 2ème du nom, c’est par la positive que notre ami Danny a répondu parce qu’après tout, à son âge, il faut bien en profiter.

Objectivement, Dead in Tombstone a pas mal de gros défauts qui ne jouent pas en sa faveur. Tout d’abord son scénario, une pauvre histoire de vengeance qu’on voit venir à des kilomètres et qui essaie de se la jouer originale avec cette histoire de pacte avec le diable au demeurant assez sympathique, mais qui est plus accessoire qu’autre chose. Mickey Rourke, qui ne ressemble désormais clairement plus à rien si ce n’est à Quasimodo, incarne le diable et, à l’instar de son rôle dans The Expendables, se contente du strict minimum. Quelques lignes de dialogue et le tour est joué et c’est d’ailleurs fort fâcheux car il a démontré il n’y a pas si longtemps que ça avec The Wrestler qu’il était un excellent acteur.
Passons les quelques faux raccords et autres incohérences pour parler rapidement de l’autre problème du film, Danny Trejo lui même. Même si on a toujours plaisir à retrouver sa vieille cabine de mexicain abimé par la vie, jouer les cowboys survoltés de la gâchette n’est clairement plus de son âge et cela s’en ressent régulièrement tant il est raide comme un piquet sur certains plans. On comprend aisément qu’à 69 ans, on n’est plus aussi agile qu’à 20 voire même à 40, mais du coup le pauvre essaie de faire ce qu’il peut lors des scènes d’action et ce n’est malheureusement pas toujours une réussite. Plusieurs de ces scènes se passent d’ailleurs de nuit, ou dans des endroits très sombres (grande fermée, mine,…), comme si on voulait cacher un peu soit la rigidité de ses mouvements, soit tout simplement ses doubleurs.

Pourtant, tout n’est pas à jeter dans Dead in Tombstone, et ce sont justement les scènes d’action qui sauvent le film du naufrage, non pas qu’elles soient exceptionnelles ou très bien mises en scène, Roel Reiné ayant une fâcheuse tendance à rajouter des plans stylisés pas toujours très réussis dès qu’il en a l’occasion, mais parce qu’elles sont très nombreuses et permettent au film de garder un rythme assez élevé pour tenir le spectateur réveillé devant son écran.
De l’action en masse donc, avec tout ce que cela comporte de chargeurs illimités façon John Woo et autres explosions de bâtiments avec en premier plan des personnages qui marchent au ralenti. Du classique mais qui fait toujours son petit effet d’autant plus que le réalisateur n’hésite pas à verser parfois dans le gore léger, avec des corps criblés de balle qui se vident de leur sang. On retrouve par contre les tics habituels des gunfights quel que soit leur pays d’origine, avec ces personnages qui semblent ne jamais avoir eu un pistolet entre les mains et qui sont incapable à 20 contre 1 de toucher leur cible alors qu’elle est à moins de 5/6m et qu’elle n’est même pas à couvert… C’est censé être les meilleurs hommes de main des shérifs mais bref, passons, parce que c’est tout de même assez généreux dans l’ensemble et on aurait tord de cracher sur quelque chose dont on savait pertinemment d’avance que ce ne serait pas un chef d’œuvre.

Quoi qu’il en soit, Dead in Tombstone ne marquera clairement pas les esprits. On reste dans une série B d’action assez lambda si ce n’est son ambiance western toujours assez rafraichissante si on aime le genre.

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