L’Overdose !

Avis sur Deadpool 2

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Plus déjanté que le premier volet, à défaut d’être moins percutant, la suite de l’anti-héros en costume moulant rouge sang se garde quelques réserves. Le réalisateur de « John Wick » et « Atomic Blonde », David Leitch, revient sur des cascades comme on aime en voir, surtout lorsqu’on attend plus que ce qui était présenté auparavant. Les punchlines s’alignent à la fréquence des références populaires qui résonnent très fortement. Or, ce ne sont que des compléments dans une recette qui repose relativement peu sur son squelette scénaristique. Soyons honnête, ce n’est pas pour le côté imaginatif du récit qui nous attire en salle, c’est plutôt pour le tourbillon bordélique qui pervertit Deadpool que nous nous y précipitons.

Ryan Reynolds rempile donc dans la peau de Wade Wilson, toujours aussi divertissant et extravagant. Sur ce point, le personnage déçoit peu et on prend un malin plaisir à décortiquer toutes les répliques qu’il nous jette aux oreilles et toute sa gestuelle qui nous fait vibrer. Le tout tient en un ensemble bien pensé. L’univers des X-Men regorge de surprises et la plupart présente un grand intérêt dans la folie de Wade. Ce qu’on attendait également, c’est l’apparition d’un personnage mystérieux répondant au nom de Cable, où Josh Broslin lui prête magnifiquement son brushing et son charisme. Impitoyable dans l’approche, le contraste a le don de rendre absurde chaque confrontation qu’il a avec Deadpool. C’est tout bonnement jouissif, car le décalage permet de laisser le contexte loin derrière nous. Entre les héros existants et les quelques trouvailles qui deviendront plus anecdotiques qu’autre chose, le mariage des genres vient appuyer une simple morale que le film tient de bout en bout : la recherche d’une famille.

Ce qui est dommage, c’est que le film se noie un peu dans ces effets spéciaux. La CGI n’a pas été fini comme il le faudrait pour que l’on puisse apprécier les scènes les plus dynamiques. De l’action, le cahier des charges en déborde sans modération. Avec la venue de nouveaux personnages et une pseudo X-Force délirante, les producteurs de boudent le plaisir d’offrir, le plaisir de communiquer les maladresses des autres et de soi. Désamorcer par l’autodérision est bien connu et le personnage est travailler sur ce fond huilé au calibre super-héroïque. C’est en se baladant entre deux punchlines que l’on découvre avec stupéfaction que cela ne nous touche pas à tous les coups, mais lorsque l’arsenal décide de montrer, notre réaction ne manque jamais le rendez-vous.

Finalement, « Deadpood 2 » ne transcende que par instant et n’offre ni beaux paysages, ni de nouveaux décors. On sent un côté recyclé, tenant davantage du running gag que du manque d’inspiration. Le choix reste presque inévitable pour un personnage qui ne peut partager l’affiche et il le présente lui-même ainsi. Avec un budget réduit, la qualité suit le rythme, mais Leitch et Reynolds prennent néanmoins le temps de brosser le portrait d’un Deadpool iconique et jamais fatigué de ses bêtises. Si briser le quatrième mur se voulait assez timide avec Tim Miller, ce dernier essai a fini par briser toutes les briques, sans en laisser une miette.

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