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Avis sur Deadpool 2

Avatar Maxime Saint Michel
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Le premier film Deadpool n'avait pas réussi à rendre hommage au personnage de Wade Wilson. Faussement irrévérencieux, le long-métrage avait le défaut de critiquer les films de super-héros, mais d'avoir exactement les mêmes problématiques que ces derniers ; un écueil qu'a su éviter James Gunn avec Les Gardiens de la Galaxie. Dès lors, il n'y avait, apparemment, pas grand-chose à attendre de cette suite. D'autant plus que, malgré un X-men Apocalypse assez décevant, 20th Century Fox avait réussi à mettre la barre très haut avec un Logan qui a secoué autant que faire ce peu la fourmilière Marvellienne.

Deadpool 2 démarre alors avec une promesse conséquente : le projet est de réaliser le meilleur des films de super-héros Rated-R. Et cette mission a été confiée à David Leitch, le coréalisateur de John Wick. Autant aborder dès maintenant la question de la mise en scène : les séquences d'action sont vraiment exceptionnelles, très divertissantes et drôles quand il le faut. Mais elles sont surtout sanglantes. Le contrat est passé dès l'ouverture du film, aucun compromis n'est permis, il sera question de violence et d'organes qui gîclent. Car c'est aussi ça l'esprit du mercenaire disert et de la X-Force qui inspire d'assez loin le film.

Il semble donc légitime de se poser la question de la gratuité de cette violence. En réalité, elle se justifie, mais surtout elle a un prix, qui engendre un des points forts du film : Deadpool a un véritable fond. Ce n'est pas juste une bouche sur pattes, armée de sabres et de pistolets, qui dézingue des mecs. Ryan Reynolds - eh ouais, bitch ! - et ses deux co-scénaristes ont réussi à lui donner un traumatisme qui fonctionne, rendant le personnage encore plus intéressant ; un peu comme l'a fait Gerry Duggan au cours Marvel NOW!. De la même façon, le film s'ancre dans un contexte précis qui n'est pas sans rappeler Logan ou encore The Gifted diffusée sur la Fox : un vingt-et-unième siècle où les mutants sont craints et haïs.

Et si le contexte de cette "nouvelle phase" de Marvel Fox évoque aussi les travaux de Cullen Bunn, notamment sur Deadpool & the Mercs for Money, il permet surtout d'aborder des problématiques sociales et culturelles dont on entendait plus tellement parlé depuis quelques années dans les oeuvres audiovisuelles concernant les mutants. Avouons que, même dans le cadre d'une comédie, un film disposant d'un message positif sera toujours meilleur qu'un long-métrage qui n'en possède pas. C'est exactement le cas du second volet des aventures de Wade Wilson : au-delà de l'humour, il transmet des idéaux profondément humains.
Mais Deadpool 2, c'est aussi la découverte de quelques nouveaux personnages, notamment un Colossus - il est pas nouveau, je sais - qui est beaucoup plus cohérent que celui du précédent film, mais aussi Domino et Cable. Bien que la jeune femme au pouvoir de chance arrive un peu tard dans l'intrigue pour qu'on puisse réellement s'attacher à elle, elle est bad-ass au possible et on a envie de la revoir. En revanche, si le voyageur temporel est plutôt stylé, comme disent les jeunes, il aurait été un meilleur développement, surtout lorsqu'on connaît un peu le personnage dans sa version de papier.

Il n'empêche, par ailleurs, que le film regorge de références explicites aux comics et à leurs adaptations qui feront rire plus d'un fan de super-héros. Globalement, l'humour est bien dosé et les personnages semblent toujours justes, aussi bien lorsqu'on rit à leurs côtés que dans les cas ou l'on se moque d'eux. Mention spéciale à l'aspect méta, cette fois complètement assumé, de Deadpool, du brisage discret du quatrième mur à la voix off en passant par les réflexions liées à "notre" réalité. Le ton comique est même utilisé suffisamment intelligente pour justifier ce que le film va faire passer pour des trous scénaristiques ; alors que, dans les faits, il y a au mieux des maladresses et, au pire, des facilités.
Deadpool 2 n'a pas grand-chose à voir avec son prédécesseur, tant d'un opus à l'autre, le personnage et l'univers semblent avoir gagné en maturité ; là où James Gunn avait l'air d'être en pleine régression pour Les Gardiens de la Galaxie 2. Le film s'impose donc comme une excellente surprise et réussit à se montrer extrêmement touchant, sans toujours passer par des procédés comiques. Dans un autre genre que Logan, il fait partie de ces films un peu à part dans le monde des super-héros auxquels on s'attache et dont on aimerait voir une suite, au moins poour en apprendre davantage sur les personnages secondaires. Alors, Kevin Feige, si tu me lis, tu peux récupérer la licence sans quasiment rien changer. Bisous.

Critique originalement publiée sur ComixHeroes.

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