La Loi de Murphy.

Avis sur Death Note

Avatar Kieren Rhys
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Ce film, c'est du pain béni.

"Pourquoi?" me direz-vous. C'est simple: tout est réuni pour que le résultat soit à la hauteur des attentes. Un alignement des planètes, ou plutôt une éclipse solaire, c'est de circonstance après ce qu'il s'est passé il y a quelques jours.

"À la hauteur des attentes" t'as dit, donc c'est une réussite !!

Oui, complètement. Une réussite. Une réussite d'assassinat.
Parce que oui, par je ne sais quelle bizarrerie, ce film vient d'inscrire le nom d'un manga génial (ainsi que son adaptation en anime) dans le Death Note. Et Death Note vient de mourir.

Pourtant, derrière chaque adaptation, on peut croire volontiers à un procédé de bonnes intentions. Peut-être qu'ici, l'intention était de faire découvrir un univers aux personnes n'ayant pas entendu parler de Death Note, un manga/anime qui a eu un énorme succès il y a plus de dix ans maintenant, et qui est pour beaucoup de jeunes une des oeuvres préférées du genre.

Mais voilà, il est question d'un adaptation live d'un manga. Et on sait tous comment ça se passe: mal. Les japonais sont coutumiers du fait, et même eux ont énormément de mal à faire ce genre d'adaptation, réussissant au mieux à sortir un film moyen... Une pensée pour les films Gantz (qui font partie de mes premières critiques SC, très succinctes ici et ). Et des films Death Note, ils en ont fait TROIS déjà ('fin, je me suis arrêté à trois, ça fait déjà quelques années, peut-être que depuis, il y en a eu d'autres ?). Mais là, c'est une adaptation américaine live d'un manga...

Oh put@!~ je crois que je viens de voir le spectre de Dragonball Evolution !! :O

Du coup, quand Netflix a annoncé l'année dernière avoir repris ce projet poissard de la Warner, et a diffusé il y a quelques mois un trailer... C'était un signe annonciateur de funérailles.
Oui, poissard, car l'idée d'adaptation américaine est aussi vieille que les films japonais. Et ce projet est passé de réal en réal, et a vu défiler une bonne dizaine de scénaristes. Un chat noir! Et qu'avait-on vu jusque là? Une adaptation d'un manga, la transposition de l'histoire de Tokyo à Seattle, la réinterprétation du "héros", etc... Tout indiquait que ça partait mal. L'alignement des planètes, vous disais-je.

Premièrement, comme souvent d'ailleurs, la durée de l'adaptation est trop courte. Il y a trop d'informations à distribuer, en trop peu de temps. Certes, on n'a pas le temps de s'ennuyer, mais les raccourcis sont nombreux, faciles, et découpés à l'arrache. Les introductions des personnages et évènements s'en retrouvent simplifiées, on n'a pas le temps de digérer la moindre info.
Deuxièmement, et pas des moindres, le gros point noir du film: son personnage principal, Light Turner. Je me demande si les responsables du projet ont véritablement compris l'oeuvre originale quand ils ont développé leur personnage principal. C'est simple: Light Turner est l'opposé radical de Light Yagami (nom du personnage principal dans le manga). Là où Yagami est un élève surdoué, sage, plutôt beau, assez froid et manipulateur (coucou Misa), et qui en plus réussit pendant longtemps à cacher son "alter-égo", Turner est juste un ado mal dans sa peau depuis la mort de sa mère, souffre-douleur de son bahut... bref, une simple victime, qui raconte tout immédiatement à une fille pour qui il a le béguin (qui le manipule jusqu'à la fin, coucou Mia), et qui se fait démasquer en cinq minutes par L. Le jour et la nuit !! Les personnages sont obligés de dire 2 ou 3 fois que Light est un garçon intelligent, comme pour s'en persuader eux-même, et il faut attendre la fin pour voir un embryon de réflexion, qui montre ENFIN que Light Turner n'est pas qu'un ado débile qui subit l'action. C'est scandaleux de massacrer un tel personnage pour en faire une simple caricature.
Et tout le reste est foireux aussi: le montage, le choix des musiques, la direction des acteurs, le caméo de Masi Oka (prod du projet), le reveal de fin, le pré-générique de fin/making of...

Tout... Oui tout... Sauf les comédiens, qui au final ne sont pas trop mauvais (à l'exception de Nat Wolff (Light), qui m'a fait hurler de consternation lors de sa rencontre avec Ryuku, tellement son jeu d'acteur était nul). J'ignore pourquoi, mais par moment, le père de Light m'a fait penser à Sam Lake... La coiffure de Max Payne probablement, ou le jeu des sourcils peut-être... Et dire que c'est un point positif dans mon ressenti... xD
Finalement, même Netflix "Midas" et Willem Dafoe n'a pas réussi à sauver la barque, malgré quelques bonnes idées. Et la meilleure d'entre elles, celle qui évite in extremis le naufrage façon Titanic, c'est d'avoir humanisé L. Il reste un personnage excentrique oui, mais dévoile plus aisément ses émotions, peut-être même trop (surtout la colère), merci Watari. On redécouvre le personnage sous un autre angle avec plaisir, et c'est là le seul élément positif du film.

Ce qui s'annonçait comme une tâche ardue a tourné au désastre, et n'a donc pas failli à la règle des adaptations live.
Death Note n'est que la succession de mauvais choix, où il aurait fallu une intervention divine pour sauver le film. Hélas...

Rien d'étonnant pour un petit film d'1h40.

PS: Et dire qu'il y a encore quelques jours, je me plaignais de la gaminerie insupportable de Danny Rand dans The Defenders, l'Iron Fist a trouvé son maitre, en la personne de Light Turner. Du coup j'ai presque plus envie de voir une 2e saison d'Iron Fist, c'est dire le niveau de la performance...

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