Deceptium

Avis sur Delirium

Avatar Red Arrow
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On avait étonnamment perdu de vue Dennis Iliadis depuis la bonne surprise qu'avait constitué son remake de "La Dernière Maison sur la Gauche", le voir ainsi revenir au cinéma de genre via un thriller teinté de fantastique produit par l'alliance curieuse entre Jason Blum et Leonardo DiCaprio ainsi qu'avec l'excellent Topher Grace trop rarement mis en tête d'affiche avait tout d'une jolie fête de retrouvailles sur la papier. Et pourtant, sans être honteux, "Delirium" va vite tourner à la déceptium...

Après vingt ans passés dans un asile psychiatrique, Tom est laissé seul en liberté surveillée dans son immense demeure d'enfance que son père lui a légué après s'être suicidé. Rapidement, le jeune homme se met à entendre des bruits d'une présence dans la maison et commence à douter de sa santé mentale...

Dans un premier temps, la force de "Delirium" est de garder ses secrets. Un rapide film d'enfance nous dévoilant sa famille, tout juste le temps d'apprendre que son père s'est donné la mort et hop, Tom se retrouve seul à errer avec son bracelet électronique dans la maison de ses parents. Quelles ont été les raisons d'un internement si long ? Où sont passés sa mère et son frère ? Que se trame-t-il dans cette maison avec ses passages secrets ? Tom est-il vraiment guéri ? Tant de questions qui gouvernent une excellente première partie voulant conserver le plus longtemps ses clés. On commence à y croire, vraiment, d'autant plus que le tout est porté dans une ambiance troublante par un Topher Grace en grande forme et parfaitement choisi pour ce rôle d'enfant emprisonné dans un corps adulte car privé de sa jeunesse.
Seulement, le questionnement "délire, réalité ou surnaturel ?" se met trop rapidement à tourner en rond, des indices sont disséminés ici et là avec un manque de finesse flagrant et la multiplication d'effets faciles avec ses jumpscares redondants ne semble être là que pour gagner du temps avant la demi-heure finale synonyme de twists. En fait, "Delirium" fait partie de ces films qui, à trop vouloir multiplier les pistes sur leur résolution par du remplissage, les font toutes plus ou moins envisager dans les grandes lignes au spectateur, si bien qu'à l'heure des grandes révélations ne demeurera qu'un sentiment de déception en lieu et place de l'effet de surprise escompté.
Dès que le fil du voile recouvrant son mystère commence à être tiré, "Delirium" perd en permanence de sa force. Le film a beau toujours réserver de bons moments (comme le joli début de relation sentimental avec une livreuse aussi abîmée par la vie que Tom ou ses interactions avec la policière chargée de sa surveillance) et une imagerie intriguante (la "femme-boîte", les décors et "l'apparition" de la dernière partie), on attend désormais poliment sa conclusion qui, si elle sera agréablement exécutée, ne provoquera pas vraiment de grands remous puisque notre imagination avait déjà grandement empiété sur la direction choisie...

Comme dit en préambule, on s'attendait à un thriller teinté de fantastique, eh bien, on l'a eu mais dans sa forme hélas la plus rudimentaire où les promesses de départ n'ont pas été tenues sur la durée. Il ne reste juste qu'un petit film correctement fabriqué mais qui n'a pas vraiment d'arguments pour laisser de souvenir impérissable ou pour sortir du lot des propositions de ce type.
Cela aura au moins permis de rappeler que Topher Grace peut porter un film à lui tout seul de la meilleure des manières, déjà pas si mal...

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