Avis sur

Délits flagrants

Avatar klauskinski
Critique publiée par le

On peut voir dans Délits flagrants une suite à Faits divers. Plus de dix ans après avoir installé sa caméra dans le commissariat du 5eme, Depardon la pose cette fois au sein du palais de justice de Paris. Le documentaire est exceptionnel et nous montre les seules images jamais filmées dans cet antre de la justice, à ce jour en tout cas. Utilisant un dispositif très simple, un bureau séparant le substitut (il en filmera trois) des déférés (qui seront 14), Depardon filme avec sécheresse et pourtant également une grande fluidité la machine judiciaire en marche. En interchangeant différentes personnes aux mêmes postes, il montre aussi comment la personnalité de chacun participe de cette mécanique de la justice, véritable réceptacle de la détresse humaine. La structure symétrique du film confine à la quasi perfection et l'équilibre entre séquences drôles, graves ou révoltantes est constamment maintenu mais ce qui fait réellement la force du film, c'est la durée des plans, des séquences longues dont le réalisateur tire une véritable substance cinématographique en laissant émerger lentement à l'image une sorte de densité, de complexité indicible. A cet égard, il sera difficile d'oublier l'incroyable puissance de la séquence totalement muette au cours de laquelle un policier et un prévenu marchent longuement dans les sous-sols du palais de justice, deux hommes avançant quasi religieusement dans un décor hypnotique aux couleurs alternativement bleutées et verdâtres, silhouettes passant d'une ombre presque magique à la réalité blafarde.

Et vous, avez-vous apprécié la critique ?
Critique lue 398 fois
7 apprécient · 3 n'apprécient pas

Autres actions de klauskinski Délits flagrants